Coronavirus : "Nous sommes en guerre" affirme Emmanuel Macron

16 mars 2020 à 18h04 par Arnaud Laurenti

C'est en répétant ces mots forts que le Chef de l'État a annoncé une série de nouvelles mesures afin de limiter la propagation du Covid-19 : report du second tour des élections municipales, limitation stricte des déplacements, mobilisation de l'Armée dans le Grand-Est, fermeture des frontières... On fait le point.

ALOUETTE
Crédit: Capture écran

"Jamais la France n'avait dû prendre de telles décisions (...) en temps de paix", a déclaré Emmanuel Macron, lundi soir, lors de son allocution télévisée. "Elles ont été prises sur la base de recommandations scienfitiques avec un seul objectif : nous protéger face à la propagation du virus".

Le Chef de l'Etat a notamment dénoncé le comportement de certains Français qui se sont rassemblés au cours du week-end malgré les consignes et les mesures prises par le gouvernement. C'est pourquoi Emmanuel Macron a décidé de renforcer les mesures de confinement.

Limitation stricte des déplacements dès mardi midi, la politique en pause

"Partout sur le territoire Français, seuls doivent demeurer les trajets nécessaires" a énoncé le Chef de l'État, comme faire ses courses, se soigner, ou aller travailler si le télétravail est impossible. Les modalités de ces nouvelles règles seront dévoilées dès ce soir et "toute infraction sanctionnée", a précisé Emmanuel Macron indiquant que les "réunions familiales ou amicales" ne seraient plus permises tout comme le fait de retrouver des amis dans un parc ou dans la rue. Ces restrictions s'appliqueront pour 15 jours minimum à compter de mardi midi. "Cet effort que je vous demande, je sais qu'il est inédit. (...) Nous sommes en guerre. Une guerre sanitaire", a justifié le Chef de l'État.

Par ailleurs, toutes les réformes en cours seront suspendues et le second tour des élections municipales est reporté. C'est toute une partie de la vie politique qui est mise en pause.

Un hôpital de campagne en Alsace, les frontières fermées

Emmanuel Macron a également annoncé la mobilisation de l'Armée afin de faciliter le transport des malades dans le Grand Est et monter un hôpital de campagne en Alsace.

Les masques sont désormais réservés aux hôpitaux ainsi qu'à la médecine de ville et de campagne, à savoir les médecins généralistes et les infirmières "en première ligne" face au virus. Des masques seront donc livrés dès mardi soir dans les 25 départements les plus touchés et mercredi pour le reste du territoire. Le Chef de l'État a également promis que le gouvernement réfléchissait à des solutions pour les spécialistes (ophtalmologues, dentistes, etc.).

Dès mardi, taxis et hôtels pourront également être réquisitionnés au profit des personnels soignants. "L'État paiera", a assuré le chef de l'exécutif.

Dès mardi midi les frontières d'entrées dans l'Union Européenne et l'Espace Schengen seront fermées, a également annoncé Emmanuel Macron. Une décision commune aux dirigeants européens et inédite qui vise à limiter la propagation du virus.

Promesse de soutien aux entreprises

"Aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite (...) Aucun français ne sera laissé sans ressource", a promis le Chet de l'Etat.

Pour les petites entreprises comme les commerces, Emmanuel Macron promet la suspension des charges (électricité, eau, gaz, ...) et des charges sociales ainsi que la création d'un fond de solidarité pour les artisans, les commerçants et les entrepreneurs. Les mesures pour chaque secteur seront précisées mardi par le gouvernement. "Nous serons au rendez-vous pour que notre économie soit préservée en cette période si dure", a assuré le Président de la République.

"La France vit un moment très difficile, nul ne peut en prévoir précisément la durée. (...) Il faudra nous adapter", a fini par conclure le Chef de l'État, indiquant qu'il s'adresserait désormais régulièrement à la Nation.