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Coupe de France. Papy Leye : "Il faut que les joueurs restent eux-mêmes !"

05 avril 2021 à 14h30 Par Alexandrine Douet
Crédit photo : Illusion et réalisme

Papy Leye, le coach du club amateur de Châteaubriant, se confie avant la réception de Montpellier (L1) ce mercredi à 18h45 en huitième de finale de la Coupe de France.

C’est une rencontre historique pour les Voltigeurs de Châteaubriant. Le club qui évolue dans le championnat de National 2 se retrouve pour la première fois de son histoire à ce stade de la compétition. C’est aussi la première fois que la formation castelbriantaise va affronter un club de Ligue 1. Entretien avec l’entraîneur Papy Leye qui croit en ses joueurs et ne compte pas en rester là.

En vue du match de Coupe de France face à Montpellier, on imagine que toute l’équipe ne parle plus que de ça ou presque ?

Oui, c’est toute l’équipe et c’est toute la ville, c’est même tout le nord du département qui est concerné par ce match. C’est un événement parce que c’est la première fois que ça nous arrive, c’est la première fois que le club atteint ce niveau de la compétition, c’est aussi la première fois qu’on reçoit un club de Ligue 1, forcément, ça parle et il y a beaucoup de sollicitations. Il faut qu’on gère tout ça.

C’est, quelque part, une mission et c’est aussi un poids. Il faut qu’on reste concentré sur nous-même malgré l’effervescence, malgré tout ça, il faut qu’on arrive à se dire que la compétition n’est pas finie. Il nous reste un match à jouer et c’est ça la difficulté parce que tout nous rappelle que c’est exceptionnel, tout nous rappelle qu’il y a quelque chose qui se passe. L’important, c’est le terrain et il faut qu’on soit prêt ce mercredi à 18h45.

Est-ce que c’est un match que vous allez aborder comme tous les autres ?

On essaie, mais forcément, on sait très bien que ce ne sera pas un match comme tous les autres. Tout nous rappelle que c’est exceptionnel. Nous sommes sollicités par la presse régionale et nationale. Tous les magasins de la ville sont habillés aux couleurs du club. Il faut que les joueurs restent eux-mêmes mais ce n’est pas facile. On essaie de leur rappeler que la vérité c’est le rectangle vert, la vérité, c’est le terrain, ce n’est pas tout ce qui est autour. Il faut qu’on le leur rabâche. Il faut qu’ils se rendent compte que ce n’est pas le moment de faire un bilan, le bilan, on le fera après. En attendant, il faut qu’on existe.

Vous sentez-vous sous pression ?

La pression est positive et il faut qu’elle soit positive. On a toujours une pression quand on est compétiteur mais il ne faudrait pas que ce soit une pression négative. Il faut qu’on soit nous-même et ne pas oublier le chemin parcouru pour en arriver là. Il faut garder nos valeurs. Si la pression est positive, ça ira, et si la pression est négative, ça n’ira pas.

Avez-vous mis en place une préparation spécifique à l’occasion de cette rencontre ?

Si on veut rester nous-même, il ne faut pas. On a toujours misé sur la fraîcheur physique et sur la fraîcheur mentale. A partir du moment où les joueurs doivent travailler, on a gardé les trois entraînements par semaine et on a gardé le même fonctionnement. On ne change rien, car le changement, c’est la meilleure façon de perturber tout le monde.

Avez-vous pu disputer quelques rencontres officielles ces dernières semaines ?

Depuis le 4 janvier, on est sur le pont. On a la chance de pouvoir jouer et de pouvoir faire ce qu’on aime. Il y d’autres personnes qui ne peuvent pas pratiquer leurs sports avec la situation actuelle. Non seulement, on peut s’entraîner, on peut garder le lien social, en plus on peut jouer et on vit des moments exceptionnels. Il ne faut pas se plaindre car d’autres n’ont pas cette chance. On prend ce qu’on nous donne.

Dans quel état d’esprit sont les joueurs ?

Après la qualification, c’était l’euphorie. Cela étant, il faut faire la part des choses et revenir à la réalité. La réalité, c’est qu’on a un gros match à jouer contre Montpellier. Il faut que tout le monde revienne sur terre et que tout le monde réponde présent ce mercredi.

Ce sont les conseils que vous donnez à vos joueurs ?

Ce ne sont pas des conseils, c’est une obligation si on veut être à la hauteur. Il faut qu’on soit nous-même et qu’on reste concentré sur le terrain. Mon rôle, c’est de leur rappeler ça.

Les joueurs vont tout donner sur le terrain comme si c’était leur dernier match de Coupe de France ?

Ce qui est bien dans le football, c’est que ça permet d’avoir des surprises. Cela étant, on a vu de grosses surprises, on a vu Carquefou et Les Herbiers qui ont fait des épopées et de belles choses. On aimerait faire comme eux.

Vous rêvez de faire comme eux ?

Oui, on rêve, mais on ne fait pas que rêver, on se prépare pour ça. Si on n’avait aucune chance, on n’aurait pas fait tout ce qu’on a fait. Tous les matchs sont faits pour être gagnés et on fera tout pour ne pas être éliminés.

Regrettez-vous que le public ne soit pas présent pour ce match ?

Il faut tout le temps s’adapter et ne pas se plaindre. Avec la situation sanitaire, on ne peut pas. On a vu d’autres formes de soutiens, notamment sur les réseaux sociaux, on a reçu beaucoup de soutiens. Il n’y aura pas le public mais il y aura la télévision. C’est une autre façon de supporter et on s’accommode de ça. On prend tout ce qu’on nous donne, on prend ça et c’est agréable aussi.

Vous sentez le soutien du public malgré tout ?

Complétement ! Dès qu’on sort, toute la ville est derrière nous, la municipalité, il y a des affiches partout, tout le monde nous en parle, on le ressent, forcément.

Avez-vous conscience d’apporter une certaine bulle d’oxygène en cette période un peu anxiogène ?

Les joueurs ont la chance d’être sur le terrain et de donner du bonheur aux gens. C’est la Coupe de France, c’est une compétition exceptionnelle et tout le monde en parle. C’est une chance, non seulement pour eux, pour leur famille, pour leurs amis, pour les gens de la ville et pour le nord du département. On a souvent le sentiment d’être un peu oublié et d’être loin de tout, c’est une petite revanche, on représente la ruralité. Tout ça fait qu’on prend ce qu’on nous donne.

Que peut-on vous souhaitez pour finir ?

De passer en quarts de finale (rires) !

(Entretien restranscrit par Mikaël Le Gac)