Crash de l'avion d'Emiliano Sala : les premières causes du drame révélées

26 février 2019 à 10h50 par Rédaction Alouette

<p>Selon le rapport préliminaire du bureau d'enquête britannique sur les accidents aériens (AAIB), l'avion qui transportait le joueur argentin n'était pas autorisé à opérer des vols commerciaux.</p>

ALOUETTE

Les premi�res explications sur les causes de l'accident survenu le 21 janvier dans la Manche, ont �t� d�voil�es ce lundi dans un rapport du bureau d'enqu�te britannique sur les accidents a�riens (AAIB) .

Un peu plus d'un mois apr�s l'accident, les enqu�teurs r�v�lent que l'avion qui transportait Emiliano Sala enregistr� aux Etats-Unis, "ne pouvait pas �tre utilis� pour des vols commerciaux sans l'autorisation du FAA et du CAA", les autorit�s am�ricaines et britanniques de r�gulation de l'aviation civile." Aucune preuve ne montre qu'une telle autorisation ait �t� r�clam�e ou accord�e".
"La base sur laquelle le passager (Emiliano Sala) �tait transport� n'a pas encore �t� �tablie", ajoutent-ils. Ils pr�cisent que David Ibbotson, le pilote, avait d�j� transport� d'autres passagers sur la base d'un "partage des co�ts", autoris�e par la r�glementation.
Dans ce cas, la r�glementation am�ricaine impose que le pilote "ne paie pas moins" que la part des d�penses �tablie "au prorata" du nombre de personnes � bord, soit en l'occurrence au moins la moiti� des frais occasionn�s par le vol.

"Objectif commun"

Dans tous les cas, l'AAIB rappelle que le pilote et le passager devaient partager un "objectif commun" pour le vol. "Le vol ne doit pas �tre fait dans le seul but de transporter le passager", affirment-ils.
L'interm�diaire britannique Willie McKay avait indiqu� le 19 f�vrier au journal The Times que le vol avait �t� organis� par son fils Mark.
Willie McKay avait �galement rendu publics des messages �chang�s par son autre fils (Jack) avec Emiliano Sala. "Comme ces messages l'ont montr�, il n'a pas �t� demand� � Emiliano de payer son vol", avait affirm� Willie McKay, sous entendant que le vol �tait priv� et non commercial.
Enfin, les enqu�teurs soulignent que David Ibbotson disposait d'une licence de pilote �tablie par l'Agence europ�enne de la s�curit� a�rienne. Une telle licence ne contient pas forc�ment une autorisation pour voler de nuit mais l'AAIB n'est pas en mesure d'affirmer si David Ibbotson disposait ou non de cette autorisation.

L'avion avait d�coll� de Nantes � 19h15

"On estime que la licence et le registre du pilote ont �t� perdus avec l'avion", �crivent les enqu�teurs. L'appareil, qui a �t� localis�, n'a pas �t� r�cup�r�, et repose toujours dans la Manche par plus de 67 m�tres de fond.
Les vid�os prises par un robot au fond de la mer montrent l'avion "lourdement endommag', en trois parties "maintenues ensemble par des c�bles �lectriques et des c�bles de contr�le".

"Vol � vue"

Juste avant l'accident, � 20h02 et 20h12, le pilote a sollicit� et obtenu � deux reprises aupr�s des contr�leurs a�riens la permission d'entamer une descente pour diminuer l'altitude du vol, afin de se maintenir dans des conditions de "vol � vue".
Le r�gime de vol � vue implique des minimas en termes de visibilit� et de distance aux nuages plus important que le r�gime de "vol aux instruments", mais pr�sente un niveau d'exigence moins �lev� en termes de qualification du pilote et d'�quipement de l'appareil.
A 20h02, l'avion est pass� d'une altitude de 5500 pieds � 5000 pieds (de 1676 m � 1524 m). Peu apr�s 20h13, l'avion a entam� une nouvelle manoeuvre de descente, en plusieurs temps. Il est ainsi pass� de 4400 pieds � 20h15 � 3900 pieds � 20h16 et 12 secondes, puis � 2300 pieds � 20h16 et 34 secondes, soit les derni�res donn�es enregistr�es par les radars et jug�es "valables" par l'AAIB.
Selon les donn�es du Met Office, le service public britannique de pr�visions m�t�orologiques, "l'altitude de gel se situait entre 3000 et 4000 pieds (914 et 1220 m) au-dessus du niveau de la mer", pr�cise l'AAIB.
Les donn�es m�t�orologiques montrent aussi, � 20h15, "une bande d'averses, parfois fortes, traversant la zone de vol", soulignent les enqu�teurs, sans en tirer de conclusion.
L'avion ne disposait pas de bo�tes noires, comme le lui permettait la r�glementation.

Le corps d'Emiliano Sala avait �t� retrouv� � bord de l'�pave de l'avion et r�cup�r� le 7 f�vrier. David Ibbotson, lui, demeure disparu. Sa famille a lanc� une cagnotte pour financer la reprise des recherches.

(Avec AFP)