#Crise du #lait: échec des négociations, le blocus se poursuit

26 août 2016 à 6h43 par Rédaction Alouette

<p>Les négociations entre les éleveurs et le groupe Lactalis sur le prix du lait ont échoué dans la nuit de jeudi à vendredi, au terme de près de onze heures de pourparlers, les manifestants à Laval promettant "de poursuivre" le blocus de l'usine du géant laitier, accusé de pratiquer des prix trop faibles.</p>

ALOUETTE

Les n�gociations entre les �leveurs et le groupe Lactalis sur le prix du lait ont �chou� dans la nuit de jeudi � vendredi, au terme de pr�s de onze heures de pourparlers, les manifestants � Laval promettant "de poursuivre" le blocus de l'usine du g�ant laitier, accus� de pratiquer des prix trop faibles.

Le mouvement, qui a d�but� lundi soir, "se poursuit. On ne sortira qu'avec une victoire", a assur� le pr�sident de la FDSEA de Mayenne, Philippe J�han, quelques minutes apr�s l'annonce de l'�chec des discussions entre les repr�sentants des producteurs de lait et ceux du groupe agro-alimentaire Lactalis.

La r�union qui se tenait � la Maison du Lait � Paris, s'est termin�e par un constat d'�chec dress� par le m�diateur des relations commerciales Francis Amand.

"Je suis tr�s dÈu sur la m�thode, j'ai eu l'impression que les repr�sentants des organisations de producteurs n'�taient pas en capacit� de prendre des positions et qu'elles leur �taient dict�es depuis Laval. On repart � z�ro, il n'y a plus de m�diation possible dans ce cadre-l', a-t-il d�clar� � la presse.

M. Amand a pr�cis� qu'il avait fait une "proposition de la derni�re chance � 280 euros les mille litres" pour les cinq derniers mois de 2016, une offre qu'avait accept�e Lactalis, critiqu� par la F�d�ration des producteurs de lait pour le faible prix offert aux �leveurs.

A 256,90 euros la tonne achet�e en juillet, Lactalis se trouvait effectivement loin derri�re le groupe La�ta et la soci�t� Silav (290 euros la tonne) ou encore la laiterie Saint-P�re, filiale d'Intermarch�, qui r�mun�re les �leveurs 300 euros les 1.000 litres.

Avant les pourparlers avec Lactalis, les producteurs r�clamaient "une visibilit� jusqu'� la fin de l'ann�e et un engagement �crit sur une nouvelle m�thode de fixation du prix du lait", avait expliqu� Florent Renaudier, producteur de lait en Mayenne et membre du conseil d'administration de la FNPL, la branche laiti�re de la FNSEA.

"Mais les repr�sentants des producteurs ont consid�r� que ce (la derni�re proposition � 280 euros) n'�tait pas suffisant", a soulign� le m�diateur.

Le porte-parole de Lactalis Michel Nalet a d�nonc� de son c�t� le r�le du syndicat agricole FNSEA qui a, selon lui, "pouss� un certain nombre d'organisations de producteurs � ne pas prendre de d�cisions. Elle devra en assumer les cons�quences". Il n'a pas donn� de d�tails, pr�cisant uniquement que le groupe tiendrait une r�union vendredi pour en discuter.

Pour sa part, S�bastien Amand (qui n'est pas apparent� au m�diateur, ndlr), vice-pr�sident de l'organisation de producteurs de lait de la Manche, a estim� qu'il y a "encore un espace de discussion possible dans les heures ou les jours qui suivent".

 

- 'Vivre de notre m�tier' -

 

Tard dans la soir�e pr�s de 1.000 personnes s'�taient rassembl�es sur le rond-point de la "honte du lait" entour�es de pr�s de 150 tracteurs.

Peu avant 03H00, vendredi, ils n'�taient plus qu'une trentaine d'agriculteurs � occuper dans le calme ce rond-point, entour�s par trentaine de tracteurs. Une dizaine de CRS �taient a proximit�, a constat� une journaliste de l'AFP.

"On ne partira pas, il faudra que Lactalis c�de", a affirm� le pr�sident des Jeunes agriculteurs (JA) de Mayenne, J�r�my Tr�meau.

Selon M. J�han, des tours de garde sont d'ores et d�j� pr�vus jusqu'� lundi. Et s'il faut boucler (les tours de garde NDLR) la semaine d'apr�s, on la bouclera", a-t-il affirm�.

"On est dÈus. Avec des personnes comme �a (de Lactalis NDLR), on ne peut pas n�gocier. Il faut rester solidaires et se mobiliser", a confi� dans la nuit Florian, un jeune Mayennais install� depuis six mois dans son exploitation.

"Nous ne voulons pas �tre des assist�s de l'�tat, nous voulons gagner un salaire correct avec un prix du lait correct", avait expliqu� dans la journ�e Sylvie, une agricultrice de la Sarthe en contrat avec le groupe Bel (Vache qui rit).

L'�t� dernier, les tables rondes s'�taient succ�d� pendant des semaines au minist�re de l'Agriculture avant de parvenir � un accord sur les prix de la viande et du lait. Ce dernier n'a jamais �t� appliqu�.

Un producteur sur cinq en France travaille pour Lactalis soit 20% de la collecte fran�aise, ou 5 milliards de litres de lait collect�s sur un total de 25 milliards produits annuellement en France.

Outre des marques tr�s connues en France (Lactel, Bridel, Pr�sident, Lanquetot, Roquefort Soci�t�...), Lactalis est devenu un g�ant mondial en absorbant de nombreux groupes � l'�tranger. Il est notamment pr�sent en Italie depuis 2011 et son OPA hostile sur Parmalat, en Turquie et en Inde.

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(AFP)