Culture : de nombreux théâtres occupés pour demander davantage de mesures de soutien

12 mars 2021 à 7h29 par Arnaud Laurenti

Le gouvernement a annoncé jeudi des mesures en faveur du secteur culturel face à la crise sanitaire, une "aumône" largement insuffisante selon la CGT, qui a appelé à "étendre" le mouvement d'occupation des lieux culturels. Après Nantes et Brest, le mouvement a gagné Limoges, Tours, ou encore Niort et Châteauroux.

ALOUETTE
Crédit: Capture écran | Facebook | Culture en Lutte autour de Nantes | DR

Signe de l'impatience générale des acteurs de la culture, ces occupations s'étendent dans la France entière. Après les théâtres de l'Odéon et de la Colline à Paris, des actions ont été signalées à Strasbourg, Besançon, Nantes, Châteauroux, Pau, Niort, Brest, Tours, ou Limoges.

20 millions d'euros supplémentaires

Les nouvelles mesures, qui concernent l'emploi et l'accès des intermittents aux congés maladie et maternité, ont été annoncées par le Premier ministre Jean Castex et la ministre de la Culture Roselyne Bachelot lors d'une visioconférence avec les syndicats.

Vingt millions d'euros supplémentaires seront "mobilisés pour soutenir les équipes artistiques en région, aider les plus fragiles, préparer la reprise qui se profile mais aussi accompagner les jeunes diplômés qui commencent leur carrière dans des conditions particulièrement difficiles", a détaillé Mme Bachelot à l'AFP.

Ces aides visent notamment les petites troupes de musique, danse, théâtre, qui travaillent sur des projets, ont dû subir des annulations de dates et ont à financer des répétitions, a-t-on indiqué de source gouvernementale.

Cette somme viendra s'ajouter aux 30 millions d'euros déjà prévus dans le plan de relance pour 2021.

Diagnostic sur la situation des intermittents

À également été abordée la situation des intermittents qui bénéficient jusqu'au 31 août 2021 d'une prise en charge par l'assurance chômage au titre de "l'année blanche". Une mission dresse actuellement un diagnostic de leur situation au 31 août 2021 et va "proposer une réponse adaptée" à ces professionnels, a précisé le gouvernement.

"Aucune piste n'est à ce jour écartée et le gouvernement s'appuiera sur les conclusions de la mission, attendues pour fin mars, pour se concerter avec les organisations syndicales sur les solutions qui seront mises en oeuvre", a-t-il ajouté, sans se prononcer sur la revendication d'une prolongation de "l'année blanche".

Le Fonds d'urgence FUSSAT, destiné aux intermittents qui ne peuvent bénéficier de l'année blanche, "sera réabondé de 10 millions d'euros".

Pas assez selon la CGT Spectacle

Les nouvelles mesures prennent aussi en compte "les situations de certains intermittents qui, faute d'activité professionnelle suffisante, rencontrent des difficultés pour atteindre les seuils fixés permettant l'ouverture de droits aux prestations maternité, maladie ou affections de longue durée".

"Nous avons donc décidé d'adapter les règles pour leur permettre d'être convenablement indemnisés", a déclaré Mme Bachelot.

"Le bilan n'y est pas ! On nous a lâché des miettes, des aumônes, 20 à 30 millions d'euros pour soutenir l'emploi alors qu'il en faut au moins vingt fois plus", a regretté Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT spectacle.

En conséquence, "le mouvement d'occupation des lieux (culturels) continue. Nous appelons à l'étendre", a-t-il ajouté, invitant les autres syndicats du secteur à s'y joindre.

Dans une autre réunion avec les auteurs, une somme de 22 millions d'euros leur a été promise. Il s'agit du prolongement d'un dispositif existant. Cela cible "ceux qui passent dans les trous de la raquette" et ne bénéficient pas de l'accès au Fonds de solidarité du fait de leurs revenus irréguliers. Dix millions iront à la musique, 5 millions au spectacle vivant non musical, 5 millions aux arts visuels, 1 million au livre et 1 million au cinéma. "Un filet de sécurité" contre la précarité, assure Matignon.

(avec AFP)