Des contrôles renforcés et des restaurants privés du fonds de solidarité en cas d'ouverture

1er février 2021 à 8h08 par Marie PIRIOU

Les restaurants qui enfreignent les règles en ouvrant verront leur accès au fonds de solidarité "suspendu pendant un mois", selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Quant au couvre-feu, les contrôles vont être renforcés.

ALOUETTE
Crédit: Facebook UMIH

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé dimanche une "augmentation de plus de 30%" des contrôles depuis samedi concernant le respect du couvre-feu à 18h, à l'occasion d'un déplacement dans les Yvelines pour superviser les opérations des forces de l'ordre. Dès vendredi soir, à la suite de l'allocution de Jean Castex, Gérald Darmanin avait envoyé un télégramme aux préfets pour leur demander de "prendre sans délai toutes dispositions de nature à faire respecter très strictement ces nouvelles règles" (sur les voyages extra UE interdits sauf motif impérieux, et intra-EU avec test PCR 72h00 y compris en voie terrestre).

"Les Français doivent savoir qu'après 18h, ils ont beaucoup de chance de se faire contrôler et donc verbaliser"

Dimanche, Gérald Darmanin a évoqué "des consignes de particulière fermeté pour appliquer ce couvre-feu à 18h et aussi pour lutter contre les magasins qui ouvrent avec des jauges trop différentes de celles qu'avait demandé le gouvernement, à savoir 8m2 par personne", a-t-il dit à la barrière de Péage de Buchelay sur l'A13, où les contrôles, effectués par policiers et gendarmes, ont provoqué d'importants bouchons dans le sens province-Paris. Selon le ministre, "cela s'est traduit hier (samedi) par une augmentation de plus de 30% des contrôles, ça sera aussi le cas ce (dimanche) soir et dans les jours à venir. Donc, les Français doivent savoir qu'après 18h, ils ont beaucoup de chance de se faire contrôler et donc verbaliser".

Samedi, il y a eu selon M. Darmanin, "65.000 contrôles qui ont été effectués pour 6.000 verbalisations", ainsi que "quasiment 400 établissements verbalisés pour des jauges qui n'ont pas été tenues sanitairement". "La contre-partie du fait de ne pas faire de confinement malgré les difficultés sanitaires que nous connaissons, c'est la demande du Premier ministre de pouvoir être très strict sur les règles, notamment du couvre-feu", a-t-il rappelé. Pour le ministre de l'Intérieur, "pouvoir contrôler ces attestations, c'est vraiment une priorité qu'(il a) donnée aux préfets, aux gendarmes et aux policiers. Dans cette période très particulière de la crise sanitaire, on voit bien que c'est une course contre la montre pour éviter la propagation de ce virus", a-t-il poursuivi.

Les restaurants ouverts sanctionnés

Les restaurants qui enfreignent les règles en ouvrant verront leur accès au fonds de solidarité "suspendu pendant un mois", et "définitivement" en cas de récidive, a annoncé lundi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire dans les médias. Cette annonce intervient alors qu'un restaurateur du Doubs a lancé à un appel à ouvrir ce lundi, auquel ne se sont pas associées les organisations patronales, et que le Premier ministre Jean Castex ne prévoit pas de réouverture de ces établissements avant la mi-février au plus tôt. "C'est extrêmement dur pour les restaurateurs, moralement et économiquement", a reconnu le ministre, mais "ça ne justifie en rien de ne pas respecter les règles, qui sont des règles sanitaires". En conséquence, "tous ceux qui restent ouverts seront suspendus pendant un mois de l'accès au fonds de solidarité et si jamais il y a récidive, ils n'y auront plus accès du tout", a indiqué Bruno Le Maire. Cette sanction concerne tous les commerces qui enfreindraient les règles, a précisé Bercy.

27.000 commerces de plus éligibles au fonds de solidarité

Le ministre a également indiqué que les contrôles seront renforcés dans les commerces pour s'assurer que la jauge de 10 mètres carrés par client est bien respectée. En cas de non-respect, ce sera "une amende d'abord, une fermeture ensuite", a-t-il dit. Il s'agit de "quelques cas isolés en France", mais "je ne veux pas que ça se répande, que ça devienne soit une habitude, soit une façon de braver l'interdit", a dit Bruno Le Maire, ajoutant que "ce n'est pas un interdit, mais une règle collective pour garantir la santé de tous".

Samedi, le gouvernement a annoncé que "les centres commerciaux non alimentaires d'une surface de plus de 20.000 mètres carrés" seraient contraints à fermer à partir de dimanche pour éviter une recrudescence de l'épidémie de Covid-19. Pour les entreprises faisant l'objet d'une fermeture administrative, l'aide du fonds de solidarité s'élève à 10.000 euros par mois ou une indemnisation de 20% du chiffre d'affaires 2019 dans la limite de 200.000 euros par mois. Du fait des nouvelles annonces, 27.000 commerces de plus seront éligibles au fonds de solidarité, a précisé Bruno Le Maire.

(Avec AFP)