Deux-Sèvres : perpétuité requise au procès de marginaux accusés de 4 meurtres

16 novembre 2020 à 13h35 par Arnaud Laurenti

La réclusion criminelle a perpétuité a été requise lundi à Niort contre des marginaux, entraînés en moins de deux mois dans une spirale macabre qui a fait en 2016 quatre morts, marginaux comme eux, avec pour seuls fils rouges une alcoolisation massive et de graves sévices.

ALOUETTE
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La litanie des violences, sévices, sexuels notamment, mutilations, infligés aux quatre hommes tués en avril et mai 2016 dans des squat ou appartement de Niort, a transporté les jurés de la cour d'assises des Deux-Sèvres dans "l'indicible", depuis le début du procès il y a trois semaines, selon les mots de l'avocat général Thierry Phelippeau.

Cinq hommes de 24 à 60 ans sont jugés depuis la fin octobre - avec interruption d'une semaine en raison du Covid d'une avocate - pour leur participation à des degrés divers. C'est l'un des accusés qui avait alerté la police, disant avoir été témoin d'un meurtre, avant que les enquêteurs aillent d'une découverte sordide à l'autre, des corps démembrés, enterrés ou laissé dans une cave d'immeuble désaffecté.

Aucune explication principale, aucun sens à ces meurtres n'a réellement émergé au procès, pour lequel le huis clos avait été refusé.

Perpétuité requise contre 2 accusés

L'enquête avait dessiné des motifs "essentiellement crapuleux" - ici s'approprier une maigre possession, là une dispute, une prétendue dette, investir l'appartement d'un autre - le tout sur fond d'alcoolisation "extrêmement excessive" et de prise de stupéfiants.

Les débats ont aussi évoqué un "effet de groupe", voire la volonté d'éliminer un témoin. Les accusés en tout cas n'ont guère aidé, entre prostration pour l'un, "je ne sais, pas je ne me souviens pas" pour un autre.

Pour cette "folie meurtrière", "ces crimes contre l'humanité avec un petit -h-, crimes contre l'humain", l'avocat général a requis la réclusion à perpétuité, avec 22 ans de sûreté, contre le principal accusé Thierry Nicollas, un polytoxicomane de 38 ans, décrit par les autres comme "le boss" et par les experts comme empreint "de puissantes pulsions sadiques". La même peine a été requise contre Loan Malecot, 24 ans.

Contre un accusé décrit comme "déficient intellectuellement", 20 ans de réclusion ont été requis, 16 ans contre un autre pour avoir participé au premier meurtre, et 8 ans contre le plus âgé des mis en cause, accusé de coups, et qui est aussi celui qui a donné l'alerte.

Le procès se poursuivait lundi avec les plaidoiries de la défense, le verdict est attendu mardi.

(avec AFP)