Élodie Poux : "la scène me manque mais je ne suis pas dans la panade comme certains de mes collègues"

20 avril 2021 à 5h45 par Alexandrine DOUET

L'humoriste originaire de Vendée était en résidence à Nantes, à Mouilleron-le-Captif ainsi qu’aux Sables-d’Olonne ces dernières semaines pour préparer son nouveau spectacle « Le syndrome du papillon ».

ALOUETTE
L'humoriste Élodie Poux a un emploi du temps bien chargé malgré la fermeture des salles de spectacle
Crédit: Fred Boehli

Élodie Poux fait partie des artistes qui attendent avec impatience de pouvoir remonter sur scène. Mais malgré la fermeture des salles de spectacles, l'humoriste native de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, animatrice petite enfance dans une autre vie, ne s'ennuie pas. La jeune maman dynamique (elle a donné naissance à une petite fille en octobre dernier) prépare son deuxième spectacle après le succès de son premier one-woman-show "Le syndrome du Playmobil".

Vous étiez en résidence au Havre d’Olonne aux Sables-d’Olonne en fin de semaine dernière pour préparer votre deuxième spectacle. Comment ça s’est passé ?

Ça s’est très bien passé ! C’est toujours bien d’avoir la mer à côté, même si on n’a pas le droit d’aller traîner après 18h (rires). Au moins, on a la vue qui est sympa.

Pourquoi avoir choisi les Sables-d’Olonne ? Pour être loin du tumulte parisien?

C’est bien d’être dans un endroit sympa. Le producteur est aux Sables-d’Olonne aussi. Moi, j’ai grandi pas loin à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. C’est un endroit où j’aime aller me ressourcer dès que possible. Autant joindre l’utile à l’agréable. Le metteur en scène, lui, est à Nantes, ça ne lui fait pas loin pour nous rejoindre. C’est donc le juste milieu de plein de choses.

Vous jouerez votre première au Théâtre 100 Noms à Nantes. C’est bien cela ?

Oui, je vais retourner au Théâtre 100 Noms début mai. Normalement, à l’issue de cette résidence-là, j’aurais dû jouer mon spectacle. Là, on se contentera d’une répétition générale avec les régisseurs. Néanmoins, je jouerai quand même ma première au Théâtre 100 Noms comme je l’ai fait avec l’autre spectacle.

Vous deviez aussi terminer la tournée de votre précédent spectacle ?

Oui, j’avais des très belles salles qui m’attendaient. J’avais aussi la captation du DVD au Casino de Paris avec une retransmission en direct sur Paris Première. L’apothéose, en fait, de six ans de tournée. Je me dis que ce n’est que partie remise.

Vous allez jongler un peu entre les deux spectacles ?

Oui, c’est ça, je vais jouer les deux en même temps. Dès que ça va reprendre, d’un côté, j’aurais des grosses salles avec l’ancien spectacle, et de l’autre côté, des petites salles avec le nouveau spectacle, le temps de le roder. Et puis un jour, je jouerai la dernière de mon ancien spectacle et je repartirai sur les routes avec le nouveau spectacle.

Ça va être un peu sportif ?

Je l’ai déjà fait puisque l’année dernière je jouais une pièce de théâtre en même temps que mon spectacle. Non, c’est bien, ça permet aussi de changer parce que jouer le même spectacle cinq soirs par semaine pendant plusieurs semaines, parfois c’est un petit peu rébarbatif même si chaque soir est différent. Je trouve que c’est sympa, j’aime bien.

Vous avez aussi une chronique sur Paris Première. Vous aimez bien multiplier les expériences ?

Oui, comme je le dis toujours, j’ai commencé tard. J’ai envie de toucher à tout pour avoir le plus d’expériences possibles et tout me plaît. Donc, je n’ai pas envie de trier. Je fais un peu de télé, un peu de radio, je sors un livre, je vais bientôt sortir un jeu de société aussi, voilà, j’essaye de faire un maximum de choses.

Et puis beaucoup de présence aussi sur les réseaux sociaux ?

Oui, je l’étais déjà avant la pandémie. C’est vrai que pendant le confinement, il ne nous restait que ça, nous qui aimons être au contact des gens. J’ai encore plus été présente et c’est quelque chose que j’aime beaucoup et qui permet de garder le contact avec les gens qui nous font vivre, tout simplement, et qui ont envie de continuer à nous voir évoluer dans notre métier.

Comment est-ce que vous vivez cette période très particulière, notamment pour la culture ?

Moi, je la vis différemment de mes collègues humoristes parce que la pandémie et l’arrêt des spectacles sont arrivés quand j’étais enceinte d’un mois et demi. Donc, ça m’a permis d’avoir une grossesse assez idyllique et de vivre dans ma petite bulle avec mon mari. Pour moi, c’est donc un petit peu moins dur que pour les autres parce que j’ai mon grand bonheur qui est arrivé dans ce grand malheur. A ce jour, je suis autant occupée qu’avant. C’est-à-dire qu’entre toutes les choses en préparation, j’ai chaque jour des choses à faire, je travaille autant qu’avant. Ce n’est pas très dur pour moi. La scène me manque évidemment mais je ne suis pas dans la panade comme certains de mes collègues.

Dans votre biographie, il est indiqué que vous avez démissionné de votre poste d’animatrice petite enfance et qu’on vous a demandé de ne plus revenir. En réalité, ça s’est bien fini ?

Oui, c’est faux, bien évidemment (rires). J’ai vraiment démissionné de la périscolaire pour faire uniquement de la scène mais c’est un métier que j’adorais avec des gens que j’adorais à qui je continue d'envoyer des cartes postales des lieux sympas où je joue. Régulièrement, maintenant que les enfants avec qui j’ai travaillé sont grands, j’en retrouve par-ci, par-là sur les réseaux sociaux. C’est mignon de les retrouver.

Aucun regret d’avoir quitté cette vie-là ?

Non, pas du tout ! Je m’en félicite chaque jour. C’est une vie que j’ai aimée mais j’ai une deuxième vie qui a commencé depuis et je l’aime beaucoup. Je ne regrette rien.

Quels seront les thèmes de votre nouveau spectacle ?

Le premier spectacle ayant été tourné intégralement vers l’enfance, les enfants et l’école, je vais quand même parler d’autres choses. Néanmoins, ma grossesse est un tel bouleversement qu’elle sera en partie abordée.

On n’en saura donc pas beaucoup plus pour l’instant ?

Non (rires) !

Comment appréhendez-vous le fait de devoir jouer devant une salle masquée ?

Je l’ai déjà fait, je l’ai même fait quand j’étais à sept mois de grossesse à Rennes. Franchement, pour moi, ça ne change pas grand-chose puisque de toute façon on voit rarement les gens dans une salle. Ça étouffe un peu les cris. Moi, ce qui me gêne le plus, c’est pour la rencontre après avec les spectateurs parce que c’est un moment que j’aime particulièrement. On ne peut plus se mettre le bras sur l’épaule pour faire une photo, on ne peut plus se faire la bise, se serrer la main et s’offrir des petits cadeaux, c’est à côté de tout ça qu’on passe. Après, une fois dans la salle, un rire est un rire qu’il soit loin ou proche, qu’il soit fort ou étouffé dans un masque. Quand on voit la salle, on voit bien des masques mais on voit aussi les yeux des gens et qu’ils passent un bon moment. Ce n’est pas exactement la même chose mais ce n’est pas non plus horrible, ça se fait.

Est-ce que vous emmenez votre petite fille un peu partout ?

Oui, elle a déjà fait un tournage, elle a déjà fait une scène et elle regarde les répétitions. Je lui ai acheté un petit casque anti-bruit. Ça va être ça sa vie, donc, autant qu’elle s’y fasse le plus vite possible. Je l’habitue tout de suite à rencontrer du monde et à dormir un peu n’importe où.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

La fin de la pandémie et tout ira bien (rires).

(Entretien retranscrit par Mikaël Le Gac)