Emmanuel Macron à Tours pour promouvoir une réforme des pensions alimentaires

5 janvier 2021 à 5h42 par Bastien Bougeard

Le Président de la République est attendu ce 5 janvier à 14 heures à la Caisse d’allocation familiale de Tours. C’est son premier déplacement depuis la fin de son isolement après un test positif à la Covid-19.

ALOUETTE
Crédit: Archive

Emmanuel Macron, pour son premier déplacement depuis qu'il a été malade de la Covid-19, va promouvoir ce 5 janvier à Tours la réforme des pensions alimentaires, qui assure leur versement par l'État en cas d'impayé, une offensive sur le front social malgré la crise sanitaire.

Le chef de l'Etat concrétise ainsi une promesse d'avril 2019 post-"gilets jaunes", dont la mise en œuvre a été retardée par l'épidémie du coronavirus. Ce "service public des pensions alimentaires", selon l'Élysée, a démarré le 1er octobre et bénéficié à 10.000 familles.

Un dispositif à 85 millions d’euros pour 2021

Depuis le 1er janvier, il est élargi à tous les parents, y compris ceux qui n'ont pas encore connu d'impayés. Concrètement, il permet à un parent de demander que la Caisse d'allocations familiales (CAF) devienne l'intermédiaire pour le versement de sa pension.

C'est la Caisse qui perçoit alors le versement de la pension et qui la verse à l'ex-conjoint. C'est également la CAF qui se charge du recouvrement en cas d'impayé et, en attendant, verse au bénéficiaire une allocation de soutien familial (ASF) de 116 euros par enfant. Seule condition, bénéficier d'un titre exécutoire pour la pension, délivré par un juge.

Deux heures d’échange pour le chef de l’état

Après 42 millions d'euros en 2020, le coût de ce dispositif est estimé à 85 millions en 2021 puis 122 millions par an à partir de 2022, précise l'Elysée. Cette réforme, inspirée du Québec, vise les quelque 350.000 personnes - majoritairement des mères - victimes d'impayés ou de retard, ce qui concerne 30 à 40% des pensions. L'objectif est d'en faire bénéficier 100.000 familles par an, grâce au recrutement de 450 agents supplémentaires dans les CAF.

Le chef de l'État passera deux heures à la CAF du centre de Tours, où il échangera avec cinq parents concernés. Il poursuit une action démarrée en 2016 avec la création de l'Agence de recouvrement des pensions alimentaires (Aripa), qui avait permis de régler 20% des impayés.

Ce nouveau dispositif illustre "la logique de l'Etat providence du XXIe siècle, qui colle aux besoins des familles", dont une sur quatre (soit 2,4 millions) est monoparentale, souligne l'Elysée.

Faire des CAF un intermédiaire de paiement permet aussi d'éviter que leur versement ne constitue un moyen de pression. Une fois mis en place, ce système peut durer jusqu'aux 18 ans de l'enfant.

Stationnement perturbé et manifestation

Conséquence de ce déplacement du chef de l’état, le stationnement sera perturbé une bonne partie de la journée dans les secteurs du champ-Girault, de la gare de Tours et de la préfecture selon La Nouvelle République. La circulation sera interdite aussi à partir de 13 heures aux abords du champ-Girault et de la préfecture.

Auparavant, les syndicats prévoient de se rassembler à 11 heures place Jean-Jaurès pour s’opposer à la politique menée par le gouvernement, notamment la loi de sécurité globale, la loi sur le séparatisme ou encore plus de moyens pour lutter contre les violences faites aux femmes.


(avec AFP)