En danger, Emmaüs appelle aux dons d'argent pour la première fois de son histoire

19 avril 2020 à 5h26 par Gabriel Macé

En 70 ans d'existence, elle n'avait jamais sollicité d'aide financière : l'association Emmaüs France a besoin de cinq millions d'euros pour survivre aux deux mois d'inactivité imposés par le confinement et lance un appel aux dons, pour continuer à aider ses 20.000 bénéficiaires.

ALOUETTE
Le magasin Emmaüs d'Amboise, en Indre-et-Loire.
Crédit: Capture d'écran | Google Maps

Depuis le début du confinement, 210 des 289 structures de la fédération sont à l'arrêt, en particulier les communautés de "compagnons" qui fonctionnent grâce à la récupération et la revente de meubles, équipements et objets divers. Nombre de structures d'aide à l'insertion et d'aide aux familles surendettées chapeautées par l'association sont également menacées.

"La réalité aujourd'hui, c'est qu'on ne sait pas encore si le mouvement Emmaüs va survivre à cette crise", explique Valérie Fayard, directrice adjointe d'Emmaüs France. "On se bat pour ne pas abandonner les 20.000 personnes accueillies dans tout le mouvement Emmaüs, des personnes qui se sont reconstruites au sein des communautés ou des structures d'insertion qui vont peut-être tout perdre une deuxième fois."

Créée autour des valeurs d'autonomie et de reconstruction par le travail promues par l'abbé Pierre, qui avait fondé sa première communauté Emmaüs en 1949, l'association chiffre ses besoins à cinq millions d'euros.

"On a toujours refusé de faire appel aux dons d'argent, mais face à l'urgence sociale on s'est inspiré de l'appel de l'abbé Pierre en 1954 pour appeler à nouveau à "une insurrection de la bonté" comme il disait... Une vague de solidarité pour défendre ceux qui en ont le plus besoin", ajoute Jean-François Maruszyczak, directeur général d'Emmaüs France.

Très divers, le mouvement soutient et accompagne de multiples publics précaires : sans-abri, chômeurs de longue durée, familles surendettées, personnes migrantes, sortants de prison, gens du voyage...

 

(Avec AFP)