Éoliennes : deux maires du Lochois s’opposent à un projet

4 février 2020 à 5h00 par Bastien Bougeard

Les maires de La-Chapelle-Blanche-Saint-Martin et Vou (Indre-et-Loire) se rendent à Paris ce 4 février, au ministère de la transition écologique. Ils s’opposent à un projet de parc éolien à cheval sur les deux communes.

ALOUETTE
Deux maires vont être reçus ce 4 février au ministère de la Transition écologique pour expliquer leu
Crédit: Pexels-Harry Cunningham

L’épineux dossier du parc éolien de La-Chapelle-Blanche-Saint-Martin et Vou (Indre-et-Loire) s’invite sur la table de la ministre de la transition écologique. Les maires des deux communes se rendent à Paris pour rencontrer un collaborateur de la ministre Élisabeth Borne afin d’exposer leur opposition à ce projet.

Un dossier vieux de 9 ans

Ce dossier est une véritable Arlésienne. Le projet, un parc de 5 éoliennes à cheval sur ces deux communes, a été lancé en 2011. Problème, il a toujours rencontré l’opposition des habitants des deux villages. Une opposition qui se ressent lors de l’enquête publique. Le commissaire enquêteur émet alors un avis défavorable à la construction de ce parc. « Le préfet de région avait lui aussi émis un avis défavorable » rappelle Martine Tartarin, la maire de La-Chapelle-Blanche-Saint-Martin. La société qui porte le projet se tourne vers la justice administrative. Et elle a bien fait. Car en 2017, le tribunal administratif d’Orléans annule la décision. La ministre de l’habitat et du logement durable saisit alors la cour administrative d’appel de Nantes pour annuler cette décision, en vain.

L'arrêté rendu par la cour d'appel administrative de Nantes. by Bastien BOUGEARD on Scribd

Une nouvelle enquête publique est alors diligentée en octobre 2019. Les résultats sont identiques, mais au début de l’année 2020, la préfète d’Indre-et-Loire valide le permis de construire pour ces cinq éoliennes. Les maires des deux communes ne cachent pas leur colère et contre-attaquent. Martine Tartarin, maire de La-Chapelle-Blanche-Saint-Martin, qui va rencontrer donc un collaborateur d’Élisabeth Borne, explique : « Je ne sais pas ce qu’on peut attendre de ce rendez-vous, concède-t-elle. Mais je compte lui rappeler la position du président de la République. Il a récemment affirmé que la capacité à développer massivement l’éolien terrestre reste réduite ». L’édile compte aussi s’appuyer sur les résultats des deux enquêtes publiques où l’opposition de la population est très marquée. 

Un sujet épineux en Touraine

Dans le sud de l’Indre-et-Loire, le sujet de l’éolien est très épineux. « C’est devenu un sujet très important, nous confiait en décembre Sophie Auconie, députée de la troisième circonscription d’Indre-et-Loire. Ces projets ont mené à créer des tensions entre habitants ». Sophie Auconie avait d’ailleurs organisé un débat à la mi-décembre en invitant le député Julien Aubert, auteur d’un rapport sur le coût de l’éolien. La députée avait alors émis des doutes sur la présence des éoliennes en Sud Touraine : « Pour que les éoliennes soient rentables, nous devons avoir du vent en permanence, ce qui est loin d’être le cas en Indre-et-Loire ». Le rapport de Julien Aubert préconise d’ailleurs de revoir la politique de soutien au développement de l’éolien terrestre. Un rapport sur lequel compte bien s’appuyer Martine Tartarin pour contester le bien-fondé de ce projet de parc éolien. « Ce rapport pose d’importante limite au développement des éoliennes » conclut-elle. En France, la part de l’éolien dans la production d’électricité s’élevait à 5,1% en 2018.