Escroquerie au « faux Le Drian » : ouverture du procès ce mardi

4 février 2020 à 5h05 par Alexandrine DOUET

7 personnes vont se retrouver dans le box des accusés durant 5 jours.

ALOUETTE
Un groupe de malfaiteurs s'était fait passer pour l'actuel ministre des Affaires étrangères afin d'e
Crédit: Archives

L’escroquerie avait duré un an, entre 2015 et 2016. Trois victimes ont été clairement identifiées mais ce sont au total plus de 150 personnes qui auraient été ciblées.

Plus 50 millions d’euros de préjudice

Ils seront 7 à devoir s’expliquer devant le tribunal de Paris après cette escroquerie hors normes. Afin d’extorquer d’importantes sommes d’argent, la bande avait mis en place un dispositif bien huilé. En se faisant passer pour Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, ils n’avaient pas hésité à s’adresser à des patrons de multinationales ou même à des personnalités politiques ou du monde des affaires dans une quarantaine de pays, prétextant une « opération secrète » et promettant un remboursement de l’État français. Le Président du Gabon, Ali Bongo, le P-DG du groupe Lafarge et même le Sidaction avaient ainsi été sollicités.  L’homme d’affaires turc Inan Kirac avait lui déboursé plus de 40 millions d’euros soi-disant pour libérer deux journalistes retenus en otage en Syrie. Avec beaucoup moins de succès, les malfaiteurs avaient tenté de vendre à la Tunisie 4 hélicoptères pour plus de 19 millions d’euros. Ne reculant décidément devant rien, pour rendre encore plus crédible leur arnaque, ils avaient même organisé des vidéoconférences, notamment avec l’Assemblée Nationale affublés d’un masque à l’effigie de Jean-Yves Le Drian. 

L’argent toujours recherché

Les enquêteurs devront attendre l’été 2017, soit deux ans après le début de l’escroquerie pour interpeller le premier suspect, Gilbert Chikli. Ce franco-israëlien connu de la justice française est considéré comme le cerveau de l’arnaque. Il avait été arrêté en Ukraine avec un autre suspect, lui aussi recherché. Parmi les éléments découverts sur leurs téléphones portables figuraient un masque du Prince Albert II de Monaco, laissant penser qu’une nouvelle escroquerie était en préparation.

5 autres personnes sont soupçonnées d’être impliquées de près ou de loin dans cette affaire. Quant à l’argent détourné, toujours aucune trace à ce jour. Les sommes disparues ayant été versées sur des comptes qui ont été rapidement vidés. Le procès qui s’ouvre ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris doit durer 5 jours.