Fincantieri-STX: rencontre ministérielle "constructive" à Rome

15 septembre 2017 à 15h16 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

Le ministre fran�ais de l'Economie Bruno Le Maire a eu lundi � Rome une r�union "constructive"avec son homologue italien Pier Carlo Padoan, avec qui il esp�re toujours trouver un compromis sur les chantiers navals de STX France.

M. Le Maire a fait �tat sur Twitter d'"une r�union constructive", un terme repris mot pour mot par son homologue italien. Ce dernier a �galement fait �tat, toujours sur Twitter, de "pas en avant" en vue d'un accord attendu � l'occasion du sommet franco-italien le 27 septembre � Lyon, "notre objectif commun", selon M. Le Maire.

Alors que le dossier a crÈ cet �t� de vives tensions entre les deux capitales, le ton semble s'�tre apais�, m�me si M. Padoan a soulign� r�cemment que l'Italie r�clamait toujours 51% de STX France, chantier bas� � Saint-Nazaire, dans l'ouest de la France.

Lors d'un d�placement en Italie le 2 septembre, M. Le Maire s'�tait d�j� dit confiant sur la possibilit� de conclure un accord.

"Je suis toujours d'avis qu'une coop�ration entre la France et (le constructeur italien) Fincantieri reste la meilleure option pour Saint-Nazaire", a dit le ministre. "Nous devons r�soudre certains probl�mes", mais "je suis profond�ment convaincu que si chacun est capable de faire un effort, nous trouverons un compromis avant la fin de septembre".

Le lendemain, M. Padoan s'est lui aussi dit "optimiste", en soulignant avoir d'"excellentes relations" avec M. Le Maire. Il a n�anmoins indiqu� que l'Italie n'avait "pas chang� d'id�e" concernant les 51% de STX.

 

- 'Offre am�lior�e' -

 

Selon Emma Marcegaglia, la pr�sidente de Business Europe, l'association des industriels europ�ens, qui a d�jeun� le 2 septembre avec M. Le Maire, Paris devrait proposer "une offre am�lior�e", avec "quelque chose sur la partie militaire".

La crise entre les deux pays est n�e avec la nationalisation "temporaire" fin juillet de STX France, pourtant promis � Fincantieri sous la pr�sidence de Fran�ois Hollande.

Son successeur Emmanuel Macron a d�cid� de rouvrir le dossier, estimant que l'accord n'�tait "pas suffisamment protecteur des int�r�ts industriels strat�giques fran�ais". R�visant le pacte d'actionnaires, il a propos� � l'Italie un accord 50-50, ce que Rome refuse.

Les deux capitales se sont donn� jusqu'au sommet entre M. Macron et le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni, pour tenter de trouver une solution "r�ciproquement acceptable".

Paris a �voqu� l'id�e d'un grand p�le naval, civil et militaire, entre la France et l'Italie, pour faciliter un accord, ce � quoi le gouvernement italien s'est montr� favorable.

"Nous travaillons avec nos coll�gues italiens � la constitution d'une alliance entre les industries navales militaires fran�aise et italienne, dans le domaine des b�timents de surface, avec l'ambition de constituer � terme un leader mondial", a expliqu� mardi la ministre fran�aise des Arm�es Florence Parly.

"Ce projet ambitieux avance, en concertation �troite avec les industriels concern�s", a-t-elle ajout�.

On se dirigerait ainsi vers une alliance large entre Naval Group (ex-DCNS), STX France et Fincantieri, groupes repr�sentant un chiffre d'affaires combin� de 9 milliards d'euros.

 

- 'Garde-fous' -

 

Mais Bruno Retailleau, le pr�sident de la r�gion des Pays de la Loire o� est situ� STX France, a appel� le gouvernement fran�ais � "r�sister aux pressions de l'Italie" et � faire en sorte que "Fincantieri ne dispose pas de la majorit� du capital".

Il a �galement demand� que le pacte d'actionnaires "puisse int�grer de solides garde-fous destin�s � s�curiser l'emploi et le savoir-faire des chantiers de Saint-Nazaire, comme ceux de ses sous-traitants, rendre impossibles contractuellement les d�localisations de commandes et pr�server l'autonomie des chantiers navals en mati�re commerciale et de recherche et d�veloppement".

Le pr�sident de la Confindustria (le patronat italien), Vincenzo Boccia, a de son c�t� souhait� que "pr�vale le bon sens et que la France devienne toujours plus europ�enne". "Nous, nous le sommes", a-t-il ajout�.

La presse italienne avait tir� � boulets rouges sur la France apr�s l'annonce de la privatisation de STX, fustigeant le "protectionnisme" de Paris, alors que de nombreuses soci�t�s italiennes sont tomb�es dans l'escarcelle de groupes fran�ais ces derni�res ann�es.

"Je sais qu'il y a eu des malentendus durant les derni�res semaines", a reconnu M. Le Maire. Mais "nous sommes totalement d�termin�s avec Pier Carlo � trouver une solution": l'Italie et la France "doivent travailler ensemble" et "renforcer leurs liens �conomiques".

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(AFP)