Finistère : Les oiseaux mazoutés sont « souillés d’un pétrole fortement assimilé à celui du Tanio »

28 novembre 2019 à 9h03 par Clovis Canivenc

Des oiseaux mazoutés ont été retrouvés sur des plages du Finistère le samedi 16 novembre. Le pétrole retrouvé sur leurs plumes présente de « fortes similitudes » avec celui du Tanio, pétrolier naufragé en 1980.

ALOUETTE
Le Tanio avait coulé au large de l'Île de Batz en mars 1980.
Crédit: Capture d'écran | YouTube INA

Le triste souvenir des marées noires sur le littoral breton s’est réveillé le samedi 16 novembre avec la découverte d’une trentaine d’oiseaux mazoutés sur les plages du nord-Finistère. Sur les plumes de ces volatiles, des traces d’hydrocarbures ont été retrouvées.

Un pétrole « fortement assimilé » à celui du Tanio

Une pollution qui présente, selon le Cedre (Centre de documentation de recherche et d’expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux), de « fortes similitudes » avec celle du Tanio, le pétrolier qui avait coulé au large de l’Île de Batz, le 7 mars 1980.

« Chaque pétrole est différent et dispose d’une sorte d’ADN, explique Nicolas Tarnic, responsable opérations au Cedre. Celui du Tanio est très particulier. Les plumes des oiseaux retrouvés sur la côte nord du Finistère sont souillées d’un pétrole qui est fortement assimilé à celui des cuves du Tanio ».

Le Tanio était un pétrolier battant pavillon malgache qui s’était brisé en deux alors qu’il transportait plus de 28 000 tonnes de fioul, dont 10 000 s’étaient déversés en mer. Les côtes bretonnes avaient été souillées sur 200 kilomètres.

Le Tanio continue-t-il de polluer ?

Pour l’instant, l’hypothèse privilégiée par le Cedre est donc que la pollution provient des cuves du Tanio. Mais il reste encore à le prouver. « Cela nécessite une confirmation de la part de la Marine Nationale et du préfet Maritime. Ils pourront l’apporter quand les conditions météorologiques se seront calmées », affirme Nicolas Tarnic.

Écouter

Le chasseur de mines tripartite Pégase a été envoyé sur la zone du naufrage la semaine dernière. Mais aucune trace de pollution à la surface ou à la verticale n’a été repérée au niveau de l’épave. « Les cuves du Tanio ont été pompées en 1980 et 1981 dans une opération particulièrement complexe qui a duré quinze mois, relate le responsable opérations au Cedre. À l’époque, 6 500 tonnes ont été pompés au niveau de la partie arrière du navire qui avait plongé par 90 mètres de profondeur ».

L’épave contient peut-être les impompables, c’est-à-dire le fioul qui n’avait pas pu être pompé au début des années 80. « S’il y a confirmation qu’il s’agit du pétrole du Tanio, il faudra investiguer l’épave pour déterminer la quantité de pétrole restante à son bord, ajoute Nicolas Tarnic. Et ensuite il faudra envisager une opération de pompage pour aller chercher ce qu’on appelait les impompables ».