Kalachnikov veut lancer une arme... connectée "pour hipsters"

9 février 2021 à 12h26 par Arnaud Laurenti

Le fabricant d'armes russe Kalachnikov, en mutation ces dernières années, va lancer un nouveau fusil connecté pour s'entraîner au tir, destiné aux "hipsters", a indiqué le patron du groupe dans une interview mardi au journal RBK.

ALOUETTE
Crédit: Capture écran | YouTube

Ce fusil, le MP-155 Ultima, est basé sur un fusil de chasse existant, le MP-155. Dans sa version connectée, il s'agit d'une "arme gadget" pour s'entraîner au tir, a déclaré Dmitri Tarassov dans cette interview.

Génération Z, arme connectée

"Notre objectif est d'attirer le public qui a grandi avec des gadgets et ne peut s'imaginer sans eux. La chasse classique aujourd'hui est devenue plus rare, presque extravagante. Pour cette raison nous voulons nous adresser (...) aux hipsters, à la génération Z", a déclaré M. Tarassov.

L'arme, dévoilée une première fois lors d'un forum sur l'armement en août 2020 et qui utilise des munitions de calibre 12/76, peut être synchronisée avec un téléphone ou un ordinateur dispose d'un compteur de tirs, une boussole et d'un enregistrement vidéo. Le prix estimé est de 100 000 roubles (1 116 euros au taux actuel).

"Je veux vraiment que les gens possèdent une arme responsable et en même temps que ça leur procure un frisson (...) pourquoi ne pas profiter de l'adrénaline et du plaisir de ce type de passe-temps ?", ajoute le patron de Kalachnikov.

Nombreux projets

Kalachnikov est en pleine mue depuis l'arrivée d'actionnaires privés en 2014. Le fabricant, connu pour ses armes de guerre, et le nom de l'inventeur du AK-47, Mikhaïl Kalachnikov, s'est depuis lancé dans les drônes, les yachts et les gadgets en tout genre.

L'entrerprise a fait parler d'elle ces dernières années en présentant des prototypes inhabituels : des voitures électriques, ou le robot Igorek, "petit Igor", un robot de guerre bipède censé aider des soldats à se déplacer en milieu hostile, qui s'était attiré des moqueries.

Les fusillades dans les écoles ou les lieux publics sont rares en Russie, où le contrôle des armes est strict.

En octobre 2018, un élève avait toutefois tué 19 personnes avant de se donner la mort dans un lycée de Kertch, ville de la péninsule ukrainienne annexée de Crimée, une tuerie qui avait choqué la Russie.

(avec AFP)