La prescription d’hydroxychloroquine contre le Covid-19 autorisé

27 mars 2020 à 8h00 par Arnaud Laurenti

Dans un décret publié jeudi au journal officiel, le gouvernement autorise et encadre la prescription d'hydroxychloroquine et l'association lopinavir-ritonavir pour traiter les cas de Covid-19.

ALOUETTE
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Comme l'avait annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran lundi, la prescription hydroxychloroquine a été autorisée par décret pour le traitement des malades du Covid-19. La prescription et l'administration de la molécule ainsi que de l'association lopinavir-ritonavir doivent être effectuées "sous la responsabilité d’un médecin aux patients atteints par le Covid-19, dans les établissements de santé qui les prennent en charge, ainsi que, pour la poursuite de leur traitement si leur état le permet et sur autorisation du prescripteur initial, à domicile", précise le décret.

Plaquenil et Kaletra

Le décret autorise donc la prescription de Plaquenil, à base d'hydroxychloroquine, et de Kaletra, qui associe lopivanir et ritovanir. La vente du Plaquenil est désormais encadrée afin de sécuriser son approvisionnement dans les pharmacies. « La spécialité pharmaceutique Plaquenil et les préparations à base d’hydroxychloroquine ne peuvent être dispensées par les pharmacies d’officine que dans le cadre d’une prescription initiale émanant exclusivement de spécialistes en rhumatologie, médecine interne, dermatologie, néphrologie, neurologie ou pédiatrie ou dans le cadre d’un renouvellement de prescription émanant de tout médecin », détaille le décret.

La précaunisation du Haut conseil de la santé publique de ne prescrire l'hydroxychloroquine qu'aux cas graves de Covid-19 n'apparaît pas dans le décret. La mise en place du traitement reste toutefois sous la responsabilité du médecin. "L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé est chargée, pour ces médicaments, d'élaborer un protocole d'utilisation thérapeutique à l'attention des professionnels de santé et d'établir les modalités d'une information adaptée à l'attention des patients", précise toutefois le texte. 

Concernant les éventuels effets indésirables constatés "le recueil d'informations (...) leur transmission au centre régional de pharmacovigilance territorialement compétent sont assurés par le professionnel de santé prenant en charge le patient dans le cadre des dispositions réglementaires en vigueur pour les médicaments bénéficiant d'une autorisation de mise sur le marché".

Le professeur Raoult, de l'IHU de Marseille, qui préconisait le recours à l'hydroxychloroquine en se basant sur des travaux préliminaires réalisés auprès d'une vingtaine de patients, s'est félicité de la décision du gouvernement.

Le médecin est depuis plusieurs jours au centre d'une polémique entre experts. Il aurait même reçu des menaces depuis Nantes au début du mois.