Le conseil régional de Bretagne va porter plainte après l'intrusion de militants anti-OGM

10 juillet 2020 à 13h44 par Arnaud Laurenti

Le conseil régional de Bretagne a annoncé son intention de déposer plainte après l'intrusion vendredi d'une quinzaine de faucheurs volontaires dans l'enceinte du bâtiment, au deuxième jour de la première session plénière de l'assemblée régionale depuis la fin du déconfinement.

ALOUETTE
Crédit: Capture écran | Twitter | Conseil régional de Bretagne

L'intrusion s'est déroulée vers 10H30, mais les militants n'ont pas réussi à entrer dans l'hémicycle, les élus ayant réussi à fermer les portes de l'enceinte. Les forces de l'ordre sont intervenues pour les déloger.

Une plainte va être déposée

"Je condamne avec fermeté l'intrusion violente, ce vendredi matin, d'une quinzaine d'individus dans l'enceinte du conseil régional réuni en session. Ces personnes s'en sont pris à des agents de sécurité et à des conseillères et conseillers régionaux en les invectivant et en les bousculant (...) Quel que soit le message, ces actes, en démocratie, sont inacceptables", a écrit le président du conseil régional Loïg Chesnais-Girard (PS) dans un communiqué.

"La région Bretagne portera plainte, ainsi que Fanny Chappé, conseillère régionale, qui a été violemment bousculée, et Olivier Allain, vice-président à l'agriculture, qui a été menacé", a-t-il précisé, ajoutant que les élus étaient restés "bloqués pendant 40 minutes face à des manifestants qui criaient "on va tout casser"".

Pas de violence selon le collectif

Interrogée par l'AFP, Najet Malé, membre du collectif, a reconnu des "bousculades" mais a formellement démenti toute forme de violence physique ou verbale, ou encore les propos "on va tout casser", assurant avoir des vidéos de la scène et rappelant que le collectif prône "la non-violence".

"On a fait un sit-in à l'intérieur et on a dit "On nous empoisonne", on a chanté "ni dans les champs ni dans les assiettes, les OGM on n'en veut pas", on a dispersé du soja OGM et on a distribué des tartines d'algues vertes", a-t-elle expliqué.

"La région refuse de financer un autre modèle agricole que celui proposé par la FNSEA. Il y a toujours des cargos chargés de soja transgénique qui arrivent dans les ports de Lorient et Brest", a ajouté la militante.

"Je rappelle que la région Bretagne a voté depuis des années la volonté de sortie des OGM et son interdiction dans les cantines de la région", a répondu auprès de l'AFP M. Chesnais-Girard qui rappelle avoir annoncé en juin 2019 "l'objectif d'arrêt de l'importation de soja" pour "lui substituer des céréales et légumineuses produites en France".

(avec AFP)