Nouvelle doctrine nucléaire européenne, nouveau sous-marin… ce qu’il faut retenir du discours d’Emmanuel Macron

Publié : 9h11 par
Adrien Michaud - Journaliste

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Emmanuel Macron a annoncé, ce lundi 2 mars, sur l’Île Longue, dans le Finistère, le début d’une coopération nucléaire inédite pour la défense de l'Europe. La France va aussi augmenter son arsenal atomique.

Debout devant un sous-marin nucléaire, Emmanuel Macron, a réalisé plusieurs annonces.
Debout devant un sous-marin nucléaire, Emmanuel Macron, a réalisé plusieurs annonces.
Crédit : Capture d'écran YouTube : Élysée

"Je n’hésiterai jamais à prendre les décisions qui seraient indispensables à la protection de nos intérêts vitaux", a martelé le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son discours sur l’armement et la dissuasion nucléaire française à l’Île Longue, ce lundi 2 mars. Debout devant un sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE), le chef des Armées, a réalisé plusieurs annonces importantes, comme sur la future mise en place d’une coopération nucléaire inédite en Europe.

Concrètement, huit pays européens, dont l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la Grèce, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni, et la Suède ont accepté jusqu’ici de participer à cette "dissuasion avancée" proposée par la France. Ces pays pourront notamment accueillir des "forces aériennes stratégiques " de l’armée de l’air française, qui pourront ainsi "se disséminer dans la profondeur du continent européen" pour "compliquer le calcul de nos adversaires", a expliqué le président français. Emmanuel Macron assure que cette "dissuasion avancée renforcera notre défense en lui accordant du champ".

 

Renforcement de l’arsenal nucléaire, mais pas seulement

Hasard du calendrier, ce discours s’est tenu alors qu’un nouveau conflit vient d’éclater au Moyen-Orient, et cette importante évolution de la doctrine française a été accompagnée de deux autres annonces importantes. Comme l’augmentation du nombre de têtes nucléaires françaises, 290 actuellement, mais dont il n'a pas précisé le niveau. La France ne communiquera d’ailleurs plus sur les chiffres de son arsenal nucléaire, "contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé", a indiqué le président français. "Il ne s'agit pas ici d'entrer dans une quelconque course aux armements. Cela n'a jamais été notre doctrine", a-t-il insisté. La Russie et les États-Unis détiennent chacun un peu plus de 1 700 têtes déployées, la Chine 600 en stock ou déployées et le Royaume-Uni 225, selon le centre de réflexion suédois SIPRI.

Emmanuel Macron a aussi informé sur la construction d’un nouveau SNLE. "Les premières découpes de l'acier qui façonnera les coques de ces nouveaux sous-marins ont commencé il y a plusieurs mois à Cherbourg. Très peu de nations dans notre monde sont capables de construire de tels sous-marins nucléaires. L'Invincible et naviguera en 2036", a relaté le président de la République dans ce discours de plus de 50 minutes en terre bretonne.