Le monde de la BD a rendez-vous à Angoulême pour le FIBD

30 janvier 2020 à 4h00 par Fabienne Lacroix

La 47ème édition du Festival International de la Bande Dessinée ouvre ses portes ce jeudi à Angoulême. Cette manifestation va marquer le lancement officiel de l’année de la BD en France.

ALOUETTE
Crédit: pxhere

Un président et trois ministres sont attendus ce jeudi à Angoulême pour le coup d’envoi du FIBD, le Festival International de la Bande Dessinée.

Emmanuel Macron sera accompagné du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, du ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer et du ministre de la Culture, Franck Riester.

Pour l’occasion, le chef de l’état a prévu de déjeuner avec des auteurs. Les discussions porteront sur le rapport Racine remis récemment au gouvernement. Le texte liste 23 recommandations visant à améliorer et clarifier la situation désastreuse des auteurs de BD. Des auteurs qui sont appelés à manifester vendredi, sur demande de plusieurs organisations professionnelles dont le Syndicat des auteurs.

Un tiers des auteurs sous le seuil de pauvreté

La situation est paradoxale. D'un côté, les chiffres du secteur donnent le vertige : un chiffre d'affaires de 276,2 millions d'euros et près de 44 millions d'albums vendus en 2018. De l'autre, la situation des dessinateurs et scénaristes de BD ne cesse de se dégrader.

53% des auteurs de BD vivent avec moins que le Smic, plus d'un tiers vivent sous le seuil de pauvreté. Les femmes sont encore plus mal loties : 50% des autrices vivent sous le seuil de pauvreté. L'accès des auteurs aux droits sociaux n'est pas toujours garanti.

"Ce rapport est un vrai changement de paradigme", s'est félicitée la Ligue des auteurs professionnels qui rassemble notamment de nombreux auteurs de BD. "Il va falloir maintenant que ce rapport soit suivi de faits, de concret", a ajouté l'association.

"Je ne voudrais pas casser l'ambiance mais le rapport Racine c'est un +rapport+, un avis, des préconisations. Cela ne préjuge en rien de ce que le gouvernement et le SNE en fera", tempère le dessinateur Cyril Pedrosa ("L'Âge d'or").

Le SNE, syndicat professionnel des éditeurs, n'a pas commenté le rapport de Bruno Racine.

Si on reconnaît volontiers du côté des éditeurs que la situation économique et sociale des auteurs est "difficile et précaire pour beaucoup d'entre eux", pas question pour autant de légiférer, a indiqué le président du SNE, Vincent Montagne, lors de la récente cérémonie des voeux du syndicat.

"La tentation est grande de se tourner vers l'État et les pouvoirs publics pour légiférer... toujours légiférer, légiférer pour mieux normaliser", a déploré M. Montagne, par ailleurs président de Média-Participations (Dargaud, Dupuis, Le Lombard, Urban Comics, Kana...), leader européen de la BD.

"Tout n'est pas rose au pays de la BD", admet Franck Bondoux, délégué général du festival qui entend malgré tout faire de cette manifestation une fête.

 

Franck Riester fera connaître les propositions qu'il retient du rapport Racine lors de la première quinzaine de février.

43 albums en lice

Quelque 2.000 auteurs et autrices sont attendus à Angoulême jusqu'au 2 février. De nombreuses expositions dont, pour la première fois en France, une rétrospective consacrée à l'Américain Robert Kirkman, créateur de la série Walking Dead, seront présentées au public. Première dessinatrice de BD nommée à l'Académie des Beaux-Arts, Catherine Meurisse (par ailleurs en lice pour le Grand prix d'Angoulême) aura également droit à une grande exposition.

Le programme complet du festival est sur le site bdangouleme.com et l'ensemble des manifestations de 2020, année de la BD est sur le site bd2020.culture.gouv.fr.

Le Fauve d'or, prix très convoité attribué au meilleur album de l'année, sera décerné samedi soir, avec 43 albums en lice.

Au-delà d'Angoulême, le festival a invité tous les Français à faire une pause, jeudi à 13 heures, pour lire la bande dessinée de leur choix.

(avec AFP)