Le rachat des Chantiers de l’Atlantique reste en suspens

30 octobre 2019 à 7h18 par Alexandrine DOUET

Un peu plus de deux ans après l’annonce du rachat des chantiers navals nazairiens par l’italien Fincantieri, le dossier n’est toujours pas finalisé.

ALOUETTE
Crédit: Site officiel | msccroisieres.fr

Ouverture d’une « enquête approfondie »

Bruxelles qui doit publier ce mercredi le résultat d’une enquête préliminaire, souhaite éclaircir certains points avant de valider ou non le rachat du fleuron de la construction navale.
L’Union Européenne a ainsi décidé d’ouvrir une enquête approfondie, craignant  de voir passer de trois à deux le nombre d’acteurs européens dans le domaine de la construction des paquebots.
Si le rachat est finalisé, le groupe italien Fincantieri n’aurait en effet plus qu’un seul concurrent, à savoir l’allemand Meyer Werft.

Rappelons qu’en février 2018, un accord franco-italien a été signé. Selon ce dernier, Fincantieri doit acquérir 50% du capital du chantier naval de Saint-Nazaire, plus 1% supplémentaire prêté par l’Etat français.

Tout a débuté en 2016

Quand le coréen STX décide de mettre en vente le site de Saint-Nazaire alors en redressement judiciaire, l’italien Fincantieri est alors l’unique candidat à se manifester. En attendant la finalisation du dossier, la France a pris précisément 84,34 % des Chantiers de l'Atlantique, via son agence de participation de l'Etat (APE), Naval Group détenant 11,67 %.
Le reste se partage entre les salariés (2,4 %) et des entreprises locales (1,59 %).

Il faudra attendre septembre 2017 pour que la reprise des Chantiers de l’Atlantique par Fincantieri soit annoncée.  

Mais ce projet de rachat est loin de faire l’unanimité. Force Ouvrière notamment milite pour que le chantier naval reste un bien national. Il y a quelques jours, le 17 octobre dernier, le syndicat a d’ailleurs de nouveau plaidé cette cause à Bercy, évoquant les risques d'une « forte coopération de Fincantieri avec la Chine sur la construction de paquebots, une perte d'autonomie et de gouvernance du chantier, et, à terme, de potentielles conséquences néfastes sur l'emploi direct et la sous-traitance. »

En attendant, les Chantiers de l'Atlantique et Fincantieri travaillent main dans la main. En raison d'un carnet de commande très (trop) bien rempli, l’entreprise nazairienne a décidé récemment de sous-traiter la construction des parties avant des quatre pétroliers ravitailleurs destinés à remplacer ceux de la Marine nationale.

Tandis que le MSC Grandiosa sera livré ce jeudi, 10 géants des mers sont en construction à Saint-Nazaire jusqu'à l'automne 2024. 
Il faut ajouter à cela 3 autres paquebots en option portant ainsi la visibilité à 2026. Sans compter que de nouvelles commandes devraient être prochainement signées.