Le Secours populaire à Brest : "Un étudiant se nourrissait depuis 10 jours avec du café au lait"

25 mars 2021 à 10h11 par Marie PIRIOU

Les étudiants sont touchés de plein fouet par la crise sanitaire. Le Secours populaire confirme cette triste tendance avec l’accueil à Brest (29) d’une dizaine de nouveaux étudiants chaque semaine.

ALOUETTE
Crédit: Pixabay

C’est une vague de pauvreté jamais vue. Dans le Finistère, à Brest notamment, le Secours populaire tire la sonnette d’alarme et fait état d’une situation très préoccupante, en raison de la crise sanitaire. L’association accueille chaque semaine de nouveaux bénéficiaires dans le besoin, notamment des étudiants. Nous avons rencontré Thierry Cloâtre, le secrétaire général du Secours populaire du Finistère.

Quelle est la situation actuelle au Secours populaire de Brest ?

Aujourd’hui, on est face à une montée grandissante de la pauvreté et de la précarité. Au niveau des étudiants notamment, des familles monoparentales, des personnes qui étaient en intérim, etc. C’est du jamais vu ! Le Secours populaire répond à la demande et il a toujours été présent depuis le début de la crise. On accueille aujourd’hui 70 familles par jour, simplement pour pouvoir leur permettre de survivre et de se nourrir correctement. On a été jusqu’à 120 familles par jour.

Comment expliquez-vous cette situation ?

C’est la crise sanitaire mais c’est aussi la crise économique. Par exemple, on est face à des étudiants qui devaient travailler pour pouvoir vivre et poursuivre leurs études. Le fait que tout soit fermé et que l’ensemble des petits boulots n’aient plus lieu, ils n’ont plus de moyens pour pouvoir se nourrir. Du coup, on les retrouve dans une situation de pauvreté et de précarité jamais vue.

Avez-vous quelques exemples pour nous ?

L’autre jour, on avait un témoignage d’un étudiant qui utilisait sept fois son sachet de thé parce qu’il ne pouvait pas aller plus loin. Ou encore, un autre étudiant qui se nourrissait depuis 10 jours avec du café au lait. C’est une détresse et c’est vraiment catastrophique. Avant, on n’avait quasiment pas d’étudiants. On savait qu’il y avait des étudiants en difficulté, mais là, on est sur une dizaine de nouveaux étudiants par semaine, ce qui est énorme.

Quelles aides avez-vous à leur proposer ?

On essaie de répondre sur l’alimentaire. On travaille également pour pouvoir leur offrir des journées "Bol d’air", afin de leur permettre de sortir et de vivre un peu autre chose. On a également en vue un partenariat avec une masseuse pour leur permettre d’avoir des temps de bien-être. Pour financer tout ça, on va avoir besoin de dons, évidemment.

Quels sont vos besoins, aujourd’hui ?

On a toujours besoin d’argent pour pouvoir développer nos actions de solidarité. La campagne "Vacances" sera cette année une campagne plus que nécessaire, en cette période actuelle, pour que les familles, les enfants et les étudiants puissent avoir un espace de respiration pour affronter la prochaine rentrée. C’est aussi pour leur proposer des produits sains, de qualité, des produits d’hygiène et de santé.

(Entretien retranscrit par Mikaël Le Gac)