Limoges: une institutrice jugée pour violences à élèves

1er décembre 2015 à 21h00 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

Une institutrice de Feytiat (Haute-Vienne), �g�e de 49 ans, comparaissait mardi devant le Tribunal correctionnel de Limoges pour violences physiques et morales � au moins 24 de ses �l�ves, �g�s de 3 � 5 ans entre 2012 et 2015, le jugement ayant �t� mis en d�lib�r� au 15 janvier

Le Parquet a requis � l'encontre de l'institutrice, mise � pied � titre conservatoire par sa hi�rarchie en juin dernier et appel�e "Ma�tresse Delphine" par ses petits �l�ves, un an de prison avec sursis assorti de l'interdiction d'exercer une activit� professionnelle ou b�n�vole aupr�s de mineur de moins de quinze ans, ce pendant une p�riode de trois ans.

"Edifiant, p�trifiant et angoissant: ces trois mots r�sument apr�s douze d'audience les ann�es de huis-clos qui se sont d�roul�es dans cette petite �cole maternelle": en une phrase, Me Ana�s Belon, qui repr�sentait l'une des 24 parties civiles, a r�sum� l'atmosph�re de cette affaire "hors normes", selon les propres mots de Me Emmanuel Raynal qui, en d�fense de l'institutrice, a plaid� la relaxe.

Malgr� l'enjeu du proc�s, en l'occurrence sa carri�re, c'est une institutrice tir�e � quatre �pingles et placide qui s'est pr�sent�e devant les magistrats mardi, niant l'int�gralit� des faits qui lui sont reproch�s.

Conservant sa posture directive, y compris devant le tribunal, cette femme de 49 ans a comment�, sans jamais justifier son comportement: "Je comprends totalement qu'un enfant puisse �tre bless� quand il est frustr� dans ses pulsions. Mais c'est mon r�le de leur apprendre la frustration". "Et oui, parfois on est oblig� d'intervenir physiquement", a-t-elle admis.

Jugeant ses collaborateurs incomp�tents et les parents d'�l�ves trop sensibles, "Maitresse Delphine" a estim� �tre "la victime d'une machination". Tous ses accusateurs "mentaient", tandis que les enfants qui ont racont� avoir �t� "secou�s", trait�s de "nuls", de "nouille", "d'incapable", avoir �t� "gifl�s", "bouscul�s", enferm�s dans le dortoir plusieurs heures seuls ou dans le "placard aux sorci�res", avaient "une imagination fertile".

Son comportement est rest� �gal lorsqu'elle a �t� confront�e par les avocats des parties civiles aux cons�quences de ses "m�thodes �ducatives" sur les enfants. "Des troubles du comportement graves: peur d'aller � l'�cole, cauchemars r�currents et jeux �tranges comme +jouer � la ma�tresse+ qui chez plusieurs petites victimes consiste depuis qu'elles ont crois� cette dame � jeter leurs poup�es contre les murs en leur hurlant dessus".

L'affaire avait �clat� au d�but de l'�t� 2015. Apr�s avoir constat� que le comportement de leurs enfants se d�gradait (peur irrationnelle, refus de manger, terreurs nocturnes, draps souill�s...), plusieurs parents s'�taient constitu�s en collectif et avaient organis� un groupe de parole impliquant enfants et personnels enseignants. Devant la gravit� des d�clarations et observations de chacun, ils avaient alert� la hi�rarchie de l'int�ress�e. Mais, en l'absence de sanctions disciplinaires, ils avaient pris la d�cision de porter plainte en f�vrier 2015. A la suite de six mois d'enqu�te men�e par la Brigade des mineurs, le Procureur de la R�publique avait d�cid� de poursuivre l'int�ress�e et de la placer sous contr�le judiciaire ce qui avait entra�n� sa mise � pied.

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(AFP)