Naufrage des Sables d'Olonne : des vitres trop fragiles

28 septembre 2020 à 16h22 par Denis Le Bars

Le décès de trois sauveteurs de la SNSM en juin2019 au large des Sables-d'Olonne, après le chavirage de leur canot parti secourir un chalutier en pleine tempête, résulte de plusieurs facteurs dont la fragilité des vitres de la vedette, révèle lundi le Bureau Enquête Accident (BEA) Mer.

ALOUETTE
Crédit: Archives

"Le canot a été frappé par une vague puissante et de grande hauteur. Sous la violence du choc, deux vitres sur l'avant de la timonerie explosent et l'eau de mer déferle à l'intérieur", relate le BEA Mer dans un rapport.

"Dès lors, la situation n'était plus maîtrisable", poursuit l'organisme public, estimant que "l'envahissement du navire a anéanti les capacités de redressement du navire" lorsque de nouvelles vagues se sont abattues sur lui.

Quatre des sept membres d'équipage se sont retrouvés à la mer, tandis que les trois autres sont restés prisonniers à l'intérieur du canot retourné.

Parmi les quatre qui se sont retrouvés à l'eau, seuls trois ont réussi à rejoindre la côte sains et saufs. Parmi les trois restés dans le canot, seul un en sera extrait vivant.

"Le facteur matériel prédominant de l'accident du CTT Jack Morisseau est la rupture de deux vitres avant de la timonerie", assure le BEA, qui souligne en outre que dès que le canot a été envahi par l'eau, "les conditions de survie à bord ont été gravement compromises par l'électrification des parties métalliques qui structurent l'espace timonerie". Cette électrification a "dégradé les capacités d'action de l'équipage avant le chavirement", souligne le rapport.

Le BEA recommande ainsi à la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de remplacer les vitrages qui ne sont pas en verre trempé par des vitrages feuilletés et trempés à bord de ses canots tous temps.

(avec AFP)