Notre-Dame des Landes : 12800 selon la préfecture, 40 000 selon les organisateurs

8 octobre 2016 à 13h53 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

"Nous sommes l�, nous serons l'. Des milliers d'opposants au projet d'a�roport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) se sont rassembl�s samedi sur la "Zad", b�ton � la main, pour d�montrer que leur d�termination restait intacte, en d�pit de l'autorisation des travaux et de rumeurs grandissantes d'�vacuation.

Selon les estimations fournies respectivement par la pr�fecture et les organisateurs, la manifestation a regroup� entre 12.800 et 40.000 personnes. Fin f�vrier, une pr�c�dente manifestation, organis�e elle aux alentours de la Zad, avait rassembl� entre 15.000 et 50.000 opposants.

"Nous sommes plus de 40.000. (...) C'est la preuve que les gens sont d�termin�s � venir d�fendre la Zad si n�cessaire", a r�agi Dominique Fresneau, copr�sident de l'Acipa, principale association d'opposants. "On voulait vraiment faire cette manifestation avant" l'�ch�ance fix�e par le gouvernement pour l'�vacuation, "les pr�venir qu'on serait l'.

Cette mobilisation organis�e au coeur de la zone d'am�nagement diff�r� - une zone de de 1.650 hectares rebaptis�e "zone � d�fendre" et situ�e � une vingtaine de kilom�tres au nord de Nantes - se veut une r�ponse � la menace d'expulsion par les forces de l'ordre.

Peu apr�s 10H00, trois cort�ges �maill�s de pancartes - "Ni travaux, ni expulsions", "Touche pas � mon campagnol"... - se sont �branl�s � travers le bocage nantais, dans une ambiance bon enfant, pour converger en milieu de journ�e vers un grand champ proche de la ferme de Bellevue, l'un des soixante lieux de vie de la Zad.

"Des b�tons, pas des avions", ont chant� les protestataires de tous �ges, le visage souriant mais d�termin�. Avant de scander "Nous sommes l�, nous serons l', tout en frappant le sol de leurs b�tons, interrompus de temps � autre par le bruit d'un h�licopt�re de la gendarmerie survolant la Zad.

En �cho � la lutte du Larzac, les manifestants ont plant� leur b�ton en bordure d'un champ, formant autour de lui comme un p�rim�tre de protection. Leur objectif: venir le r�cup�rer en cas de tentative d'�vacuation.

 

- 'Marquer notre mobilisation' -

 

"Nous voulons leur dire (au gouvernement et aux partisans du projet) : +Est-ce que vous avez bien mesur� l'�normit� du soutien qu'a la Zad dans toute la France et au del�+?", a expliqu� � l'AFP Genevi�ve Coiffard, repr�sentante d'Attac � la coordination des opposants.

"Le b�ton, c'est le b�ton du voyage, de la protection, des troupeaux. Ce n'est pas le b�ton de la d�fense. En cas d'agression, on va faire le serment de venir le reprendre", a-t-elle poursuivi, avant de mettre en garde : "On est sur le symbole, mais c'est une d�termination sans faille."

L'ancienne ministre C�cile Duflot a confi� � la presse avoir "fait une promesse en plantant (son) b�ton comme des milliers et des milliers de personnes de d�fendre cette zone humide".

L'opposition contre l'a�roport est "un combat de longue date des �cologistes", a rappel� la candidate � la primaire �cologiste pour la pr�sidentielle. "La consultation a eu lieu. C'�tait une d�faite pour ceux qui s'opposent � l'a�roport mais �a ne r�sout pas encore la question", a-t-elle ajout�, citant les recours judiciaires encore en cours et la proc�dure d'infraction lanc�e par Bruxelles en 2014.

Autre candidat � la primaire �cologiste, Yannick Jadot n'a pas dit autre chose : "Plus le gouvernement envoie le signal tout � fait absurde qu'il faut faire cet a�roport et plus il faut marquer notre mobilisation", a-t-il lanc�, pr�venant que la France "se mettrait dans l'ill�galit� � poser le premier caillou".

Les festivit�s devaient se poursuivre dans la soir�e avec des lectures et des concerts. Les opposants pr�voient aussi dimanche une "formation g�ante � la d�fense" de la Zad.

En suspens depuis l'automne 2012 et la derni�re tentative d'expulsion des zadistes, les travaux peuvent officiellement d�marrer depuis la publication le 14 septembre des derniers arr�t�s pr�fectoraux. Selon les opposants, on n'a jamais �t� aussi proche d'une d�cision d'�vacuer la Zad de ses quelque 300 occupants, Manuel Valls ayant promis le lancement des travaux � l'automne.