Noyade à Saint-Cyr : le tribunal rend son jugement jeudi

12 janvier 2021 à 9h25 par Marie PIRIOU

Le tribunal correctionnel de Rennes dévoilera jeudi le sort qu'il réserve à sept militaires et anciens militaires jugés pour la noyade d'un élève officier de l'école de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan) en 2012.

ALOUETTE
Crédit: Wikimedia Sonne122

Lors du procès en novembre, le procureur de Rennes Philippe Astruc avait requis des peines allant de trois mois à deux ans de prison avec sursis contre six des prévenus, et une relaxe, celle du général Francis Chanson, à l'époque chargé de la formation de l'école. Jeune étudiant brillant, très sportif, le sous-lieutenant Jallal Hami, 24 ans, s'était noyé dans la nuit du 29 au 30 octobre 2012 durant une activité de "transmission des traditions", une sorte de bizutage qui ne dit pas son nom.

Une "bérézina", une "folie", une "transgression"

Sur le thème du débarquement des Alliés en Provence, les nouveaux élèves devaient traverser un étang à la nage, de nuit, sur une distance de 43 mètres, avec casques et rangers, dans une eau à 9°C. Se jetant à l'eau tous en même temps, au son de la Walkyrie de Wagner, de nombreux élèves s'étaient retrouvés en difficulté, buvant la tasse, s'agrippant les uns aux autres dans un embouteillage de nageurs. Des bouées avaient été lancées par les organisateurs pour extirper les élèves, avant que Jallal Hami, parti lors de la 2e vague, ne soit signalé manquant.

Dans son réquisitoire, le procureur avait dénoncé une "bérézina", une "folie", une "transgression" sur "fond de testostérone mal maîtrisée". "Le bilan de cette nuit tragique aurait pu être d'une toute autre ampleur", avait-il lancé.

Cinq élèves et deux membres de la hiérarchie de l'école parmi les prévenus

Parmi les prévenus, figurent cinq anciens élèves officiers, aujourd'hui âgés de 29 à 31 ans, et deux membres de la hiérarchie de l'école à l'époque des faits, le général Chanson, 58 ans, et l'ancien chef de bataillon Hervé Wallerand, 49 ans, chargé des élèves de 2e année. Leurs avocats ont presque tous plaidé la relaxe, s'appuyant sur la définition restrictive de l'homicide involontaire dans le code pénal qui exige "une faute caractérisée" pour pouvoir retenir une responsabilité pénale. C'est-à-dire "une faute d'une particulière imprudence: on est à un micron de l'incurie absolue", avait affirmé Me William Pineau, avocat du général Chanson.

Me Anne-Guillaume Serre, avocat d'un autre militaire, avait lui évoqué "un tragique concours de circonstances" qui "a conduit au drame". A l'issue des plaidoiries, le président du tribunal leur a laissé un peu d'espoir. "La culpabilité, je l'assois sur une motivation", a-t-il souligné. "Quand, j'ai du mal à motiver, je penche vers la relaxe." Les prévenus encourent une peine maximale de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

(Avec AFP)