Paul Molac, député du Morbihan : "Le couvre-feu à 18h est une erreur"

17 mars 2021 à 9h53 par Marie PIRIOU

Variant breton ou non, certains élus bretons demandent un allègement du protocole sanitaire avec un élargissement ou même une suppression du couvre-feu. C’est le cas de Paul Molac, député du Morbihan. Nous l’avons rencontré.

ALOUETTE
Paul Molac, député du Morbihan.
Crédit: Facebook Paul Molac

Plus de dialogue et des mesures sanitaires adaptées par territoire. C’est ce que réclame, en partie, Paul Molac. Nous nous sommes entretenus avec le député du Morbihan qui pointe du doigt un protocole sanitaire trop sévère pour la Bretagne. Il demande notamment que le couvre-feu soit prolongé jusqu’à 20h et que les mesures soient prises par les élus locaux.

Comment se portent le Morbihan et les Morbihannais actuellement ?

Plutôt pas trop mal. On est autour de 100 au niveau de l’incidence et on n’a pas beaucoup de monde à l’hôpital.

Vous demandez toujours un allègement du protocole sanitaire ?

Oui, bien sûr ! En Bretagne, je pense véritablement que le couvre-feu à 18h est une erreur. Les gens se précipitent à partir de 17h30 pour faire leurs courses et le samedi matin aussi. Je pense qu’il faudrait, au contraire, pouvoir étaler le plus possible. Avec un couvre-feu à 20h, cela permettrait déjà de faire ce genre de choses. Les taux d’incidence sont relativement faibles. On n’est pas dans le cas, par exemple, de la région parisienne.

Vous n’êtes donc pas pour une suppression totale du couvre-feu mais plutôt pour un couvre-feu un peu plus tardif ?

Complètement ! Ce que je demande surtout, c’est que toutes les mesures soient discutées avec les élus nationaux et locaux pour qu’on puisse les adapter au mieux en fonction de la situation sanitaire et en fonction des territoires, parce que la situation sanitaire des territoires est très diverse. Sur la côte Atlantique par exemple, ça n’est pas la même chose que le Nord ou que la région parisienne, il faut donc s’adapter.

Vous demandez des protocoles adaptés en fonction des territoires ?

Oui. Lorsque j’ai posé ma question le 2 mars au Gouvernement, je leur ai dit : "Vous prenez des mesures différenciées mais uniquement pour les durcir. Alors pourquoi on ne prend pas des mesures différenciées justement pour alléger dans les territoires où on le peut ?". On m’a répondu que c’était quelque chose d’intéressant mais que ce n’était pas possible. Je remarque que de plus en plus de personnes en parlent. Et on voit bien qu’il faudrait laisser la gestion au quotidien aux élus locaux, tout simplement, avec le préfet.

Concrètement, qu’est-ce que cela changerait de diminuer ou de supprimer le couvre-feu ?

Cela permettrait surtout de redonner un peu de liberté à la population qui est confinée chez elle. Certains le vivent très mal. C’est-à-dire qu’il faut toujours se baser sur le principe "bénéfice-risque". Pour une partie de la population, les risques ne sont pas forcément au niveau de la Covid, ils sont au niveau de leur santé psychique. Ça me paraît donc important de faire attention à cela aussi.

L’apparition d’un variant breton ne remet pas en cause votre demande d’allègement de protocole ?

D’après ce que j’en sais, le variant breton est à peu près aussi contagieux que les autres et pas plus méchant. A priori, ça n’a pas l’air très différent du variant anglais. En attendant d’avoir une étude un peu plus précise, parce qu’il vient d’arriver, il ne me semble pas qu’il soit plus dangereux.

(Entretien retranscrit par Mikaël Le Gac)