Pays de la Loire : Les agriculteurs déjà confrontés à la sécheresse

29 avril 2021 à 9h41 par Emma Piau

Le mois d’avril a été particulièrement sec dans le Grand Ouest. Le gel et le déficit de pluie se font déjà ressentir chez les agriculteurs. Des mesures de restrictions sont en place dans la région.

ALOUETTE
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Le gel au début du mois d’avril, puis les très faibles précipitations ont considérablement asséché les sols des Pays de la Loire. Alors que des restrictions sur l’utilisation de l’eau chez les irrigants ont déjà été mises en place à certains endroits, les agriculteurs tirent la sonnette d’alarme.

Une sécheresse inédite

Le mois d’avril 2021 a été marqué par un ensoleillement hors norme, des vagues de gel et un vent d’Est qui ont particulièrement asséché les Pays de la Loire.

Après un hiver très arrosé, "les sols en surface se sont asséchés très vite avec du vent d’Est en permanence. On est sur une sécheresse agricole plus que sur une sécheresse de la nappe phréatique", explique Jean-Christophe Richard, agriculteur à Ligné (Loire-Atlantique) et co-président de la Confédération Paysanne.

En effet, en Vendée et dans le Maine-et-Loire, le déficit de pluie est de l’ordre de 70% en moyenne depuis début mars. Il atteint même les 90% par endroits en Vendée pour le seul mois d’avril.

Selon Frédéric Robert, agriculteur dans le Maine-et-Loire et secrétaire général de la FDSEA 49, ce phénomène est particulièrement "précoce et fort" cette année.

Des arrêtés préfectoraux ont donc été mis en place dans le Grand Ouest. Certaines zones sont déjà en alerte selon le site gouvernemental Propluvia. L’ensemble de la Loire-Atlantique et une grande partie de la Vendée sont en "vigilance" : les particuliers et professionnels sont incités à faire des économies d’eau. Certaines zones de ces deux départements sont même en alerte jaune avec des restrictions partielles.

"Un arrêté préfectoral a été mis en place le 20 avril par la préfecture pour restreindre un peu la consommation d’eau de tout le monde, un mois plus tôt que l’année dernière", précise Jean Christophe Richard.

Des agriculteurs inquiets

Selon Frédéric Robert, "On est clairement dans une sécheresse de printemps qui est très inquiétante pour le monde de l’élevage."

Les blés, qui ont grandement besoin d’eau en ce début de printemps, peinent à pousser, laissant craindre un déficit de rendement mais aussi de paille.

Cette sécheresse impacte donc la pousse du fourrage qui sert à nourrir le bétail. "C’est vraiment une pousse au ralenti depuis un mois et demi maintenant. Ça va être compliqué de rattraper ce qui est perdu", ajoute l’agriculteur du Maine-et-Loire.

Pour l’instant, la paille est très courte et il faudrait beaucoup d’eau dans les quinze prochains jours pour pouvoir sauver les rendements, mais "on sait déjà qu’il y aura un manque".

Alors que les stocks d’herbes destinées à nourrir le bétail se forment d’habitude à cette période, l’inquiétude monte chez les éleveurs. "On a des éleveurs qui n’ont quasiment plus de fourrage, certains n’ont plus du tout de stock. C’est dramatique !", déplore Frédéric Robert.

"Personnellement, j’ai un troupeau de 80 vaches avec quatre associés. Tout est basé sur le pâturage et le surplus d’herbe au printemps pour faire du foin et de l’ensilage qu’on va faire consommer l’hiver quand nos vaches ne sont plus dans les champs", explique Jean-Christophe Richard.

Les agriculteurs vont donc devoir réduire leur troupeau et acheter du fourrage, ce qui représente des pertes et des coûts supplémentaires. "Concrètement, on est allé voir notre banquier et on va avoir besoin d’un crédit de 60 000 euros."

Une demande de coopération des syndicats

Face à ce constat, qui n’est pas "encore alarmant", la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Maine-et-Loire "appellent notamment les collectivités locales et le Département de Maine-et-Loire à mettre à disposition toutes les zones en herbe (délaissées, abords de zones d’activités, terrains non exploités, banquettes de bords de route…) qui pourraient être fauchées et récoltées par les éleveurs dans le besoin." Les particuliers possédant des parcelles en herbe qui pourraient être mises à disposition sont également sollicités.

La pluie, annoncée par Météo France à partir de mardi prochain, est donc attendue avec impatience par les agriculteurs de la région.