Pesticides : Les distances minimales d'épandage fixées à 5 et 10 mètres des habitations

23 décembre 2019 à 9h06 par Clovis Canivenc

Les distances minimales d'épandage des pesticides seront fixées à 5 et 10 mètres des habitations selon les cultures, à partir du 1er janvier 2020. Un dossier explosif sur fond de grogne agricole et d'inquiétude écologique.

ALOUETTE
Le gouvernement a pris un arrêté fixant les distances minimales d'épandage des pesticides.
Crédit: Archives

5 mètres pour les cultures dites basses comme les légumes et céréales et 10 mètres pour les cultures hautes, fruitiers ou vignes. Très attendu, l'arrêté fixant les distances minimales d’épandage s’appliquera à partir du 1er janvier 2020.

Selon un communiqué des ministères de la Transition écologique, de la Santé et de l'Agriculture, cela confirme les distances mises en consultation publique à l'automne, et recommandées par l'Agence française de sécurité sanitaire (Anses).

Une distance variable selon les cultures

La distance est portée à 20 mètres pour les produits « les plus dangereux », qui ne représentent toutefois qu'environ 0,3% des substances actives utilisées. Le fameux glyphosate, autour duquel s'est notamment cristallisée la polémique sur les produits phytosanitaires avec des « arrêtés anti-pesticides » pris par des dizaines de maires et systématiquement contestés par l'Etat, n'en fait notamment pas partie.

Les 5 et 10 mètres pourront être réduits, jusqu'à 5 mètres pour l'arboriculture et 3 pour la « viticulture et les autres cultures », sauf à proximité des établissements accueillant des « personnes vulnérables » (écoles, hôpitaux, maisons de retraite...).

Ces dérogations nécessiteront l'emploi de matériels de pulvérisation munis de dispositifs spéciaux « anti-dérive » et l'adoption de « chartes d'engagement départementales ». Proposées par les utilisateurs de produits phytosanitaires (organisations agricoles ou gestionnaires d'infrastructures comme la SNCF, grande utilisatrice de glyphosate pour désherber les voies), elles devront être soumises à concertation publique et validées par les préfets.

25 millions d’euros pour accompagner les agriculteurs

Une enveloppe de 25 millions euros est par ailleurs prévue pour « accompagner les agriculteurs dans la réduction de l'utilisation de produits phytosanitaires » et les parcelles déjà semées ne seront concernées qu'au 1er juillet 2020.

Enfin, au fur et à mesure que l'Anses va intégrer comme prévu des distances de sécurité dans ses futures autorisations de mise sur le marché, ce seront celles-ci qui s'appliqueront.

« Nous sommes déterminés à renforcer la protection de la santé des populations riveraines de zones de traitement (...), ainsi que celle des exploitants agricoles. Le gouvernement entend aussi faciliter le dialogue entre agriculteurs, riverains et élus locaux », a insisté la ministre de l'Environnement Elisabeth Borne dans un communiqué.

Cette décision très attendue a fait l'objet d'un bras fer entre grands syndicats agricoles et environnementalistes. Les premiers dénonçaient une forme « d'agri-bashing », les seconds dénonçant le poids des « lobbies agricoles et de l'industrie phytosanitaire ».

(Avec AFP)