Près d'un médecin sur deux refuse de nouveaux patients

22 novembre 2019 à 7h22 par Arnaud Laurenti

Selon une enquête de l'UFC-Que Choisir, 44% des médecins généralistes refusent de devenir le médecin traitant de nouveaux patients. L'association appelle à des "mesures d'urgences" contre les déserts médicaux.

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L'étude de l'UFC-Que Choisir révèle également que les refus sont plus nombreux dans les villes de 10 000 à 100 000 habitants.

De fortes disparités entre les territoires

L'association a interrogé plus de 2 700 médecins généralistes dans 78 départements pour "savoir s'ils acceptaient de nouveaux patients en tant que médecin traitant". Une demande refusée par 44% des généralistes, auxquels s'ajoutent 9% de médecins ayant déclaré qu'ils "souhaitaient d'abord voir le patient avant de se décider".

Dans le détail, l'UFC-Que Choisir a constaté de grandes différences entre les départements : si moins de 20% des médecins ont refusé de nouveaux patients dans le Bas-Rhin ou encore le Morbihan, le taux de refus monte à 51% en Mayenne et atteint 78% en Charente. Principale raison avancée par les professionnels de santé : trop de patients à gérer (71%) ou un départ à la retraite imminent (14%).

Plus difficile de trouver un médecin dans les villes moyennes

Autre constat, "les difficultés les plus grandes ne se rencontrent pas dans les déserts médicaux les plus importants, mais davantage dans la France périphérique des communes moyennes", relève l'UFC-Que Choisir.

Ainsi, les taux de refus s'élèvent à 33% dans les communes de moins de 3.000 habitants, et à 34% dans celles de plus de 100.000 personnes, contre 52% dans les villes de 10.000 à 100.000 habitants, explique l'association.

"Les refus sont moins nombreux quand l'offre de généralistes est nettement insuffisante (39% de refus en moyenne) que dans les territoires où la densité est dans la moyenne (46%)", les médecins situés dans les zones rurales ayant peut-être "davantage de réticence à refuser des patients" privés "d'alternative", ajoute-t-elle.

L'UFC-Que Choisir demande aux pouvoirs publics d'agir pour résorber les déserts médicaux et demande aux députés d'adopter la semaine prochaine la proposition de loi contre la désertification médicale et pour la prévention. L'association demande également à la Ministre de la Santé de mettre fin à la "pénalisation financière des usagers sans médecin traitant, devenue unique dans les nombreux territoires en pénurie de médecins".

(avec AFP)