Retour sur le continent pour Marc Pointud après plus de 2 mois sur Tévennec (Finistère)

6 mai 2016 à 8h37 par Rédaction Alouette

ALOUETTE

(France), 5 mai 2016 (AFP) - Il a pass� deux mois seul sur T�vennec, ilot rocheux au large du Finist�re sur lequel se dresse un vieux phare. Marc Pointud, ardent d�fenseur de ces �difices emprunts d'histoire, en est revenu jeudi avec la fiert� d'avoir alert� sur l'urgence de leur restauration.

"Bonjour, ici Marc Pointud, je quitte T�vennec", annonce-t-il via VHF au s�maphore de la pointe du Raz, quelques instants apr�s avoir quitt� l'�lot � bord d'un zodiac, non sans mal cependant en raison d'une forte houle.

"Ca a �t� une tr�s belle exp�rience!", assure � son arriv�e � Audierne le pr�sident de la Soci�t� nationale pour le patrimoine des phares et balises (SNPB), apr�s avoir pass� 69 jours � la merci des �l�ments. "Le monde entier conna�t T�vennec maintenant", ajoute-t-il, alors que l'aventure de cet homme de 64 ans � �t� largement relay�e dans les m�dias.

"C'est un endroit extraordinaire. C'est difficile d'y aller et d'en revenir. Mais une fois qu'on y est, c'est le paradis sur mer", assure-t-il encore sans se d�partir d'un large sourire.

Allum� en 1875 pour baliser les approches du raz de Sein, une zone de violents courants parsem�e d'�lots � fleur d'eau o� de nombreux marins ont perdu la vie, le phare de T�vennec se dresse � 17 m�tres au-dessus du niveau de la mer.

L'�difice, une maison d'une cinquantaine de m�tres carr�s, entour�e d'une terrasse et dot�e d'un four � pain, n'�tait plus habit� depuis 1910 lorsque qu'il fut automatis�.

Il s'agit de l'unique maison-phare construite en pleine mer en France. Un lieu que la l�gende dit hant�.

-'Maison d'artistes'-

"Je n'ai vu personne. Pas de fant�mes, mais j'ai entendu des bruits trois-quatre nuits de suite", relate tr�s s�rieusement Marc Pointud, avant d'assurer que ces bruits ont forc�ment une explication.

Vingt-trois gardiens se sont succ�d� sur T�vennec en 35 ans. Beaucoup ont d�missionn�, certains y sont morts et d'autres sont devenus fous. Cinq couples y ont r�sid� tour � tour � partir de 1897. L'un d'entre eux, les Qu�m�r�, y v�cut cinq ans, de 1900 � 1905, avec une vache laiti�re.

"Les hivers �taient effrayants et c'est maintes fois que nous d�mes hisser le pavillon noir afin de demander du secours pour des barques en d�tresse. L'hiver 1903 fut particuli�rement terrible (...). Tout autour de nous ce n'�tait qu'un bouillonnement de lames et d'�cume", t�moigna l'�pouse.

"Les vagues passaient par-dessus la maison, il y avait de l'eau sur la terrasse et des bruits et des explosions partout", se souvient Marc Pointud au sujet de la temp�te v�cue sur l'�lot le soir de P�ques, avant de poursuivre sur le mauvais �tat des lieux.

"Tout est en mauvais �tat, mais le gros probl�me c'est le toit qui fuit", d�taille-t-il, disant avoir �t� contact� par des m�c�nes potentiels.

"L'eau passe dans les murs, qui sont pleins d'eau. Il y a de l'humidit� tout le temps. Donc les poutres ont commenc� � pourrir, les planchers pourrissent petit � petit. Le b�timent s'en va si on ne fait rien", pr�vient-il.

Pour tenir deux mois, Marc Pointud avait apport� de la nourriture, de l'eau potable et m�me un panneau solaire, pour avoir de l'�lectricit�.

"Je suis admiratif de ce qu'il a fait pour sensibiliser les gens au fait qu'il faut entretenir les phares, m�me s'ils ne sont plus gardienn�s", a t�moign� Michel Plouhinec, 60 ans, ancien gardien de phare, notamment celui d'Ar-Men, � l'ouest de l'�le de Sein.

Une convention d'occupation du phare de T�vennec a �t� sign�e en 2011 pour une dur�e de 10 ans entre l'Etat et la SNPB. Une fois restaur�, Marc Pointud r�ve d'y installer une maison d'artistes.