Soupçons de dopage chez Arkéa-Samsic au Tour de France : deux gardes à vue

22 septembre 2020 à 6h41 par Arnaud Laurenti

À peine terminé, le Tour de France se retrouve de nouveau confronté au soupçon du dopage, avec l'ouverture d'une enquête visant des membres de l'équipe bretonne Arkéa-Samsic, et le placement en garde à vue de deux personnes.

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Au cours de cette enquête dirigée par le parquet de Marseille au titre du pôle santé publique et visant "une petite partie des coureurs" de l'équipe, ont été découverts "de nombreux produits de santé dont des médicaments dans leurs affaires personnelles, mais également et surtout une méthode pouvant être qualifiée de dopante", a précisé la procureure de Marseille, Dominique Laurens.

Deux gardes à vue étaient en cours lundi, dans l'entourage d'un coureur, a ajouté la magistrate, sans préciser l'identité des personnes entendues par les enquêteurs. Selon Le Parisien, il s'agit d'un médecin et d'un kinésithérapeute.

Plusieurs perquisitions chez les coureurs

Pour remplacer son médecin titulaire absent pour raisons de santé, l'équipe avait exceptionnellement fait appel pour le Tour de France à un Colombien, compatriote de son leader Nairo Quintana, relève-t-on dans l'entourage de l'équipe sans préciser si ce praticien est un des gardés à vue.

Sollicité par l'AFP à propos de ces investigations menées par l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP), le manager général de l'équipe bretonne Emmanuel Hubert a déclaré "bien évidemment soutenir (ses) coureurs. Mais s'il s'avérait qu'à l'issue de l'enquête en cours, des éléments venaient confirmer la véracité de pratiques de dopage, l'équipe se désolidariserait immédiatement de tels actes et prendrait sans attendre les mesures qui s'imposent pour mettre fin aux liens pouvant les unir avec des méthodes inacceptables et toujours combattues".

Selon des précisions fournies à l'AFP par une source proche du dossier et confirmant des informations du Journal du Dimanche et de L'Equipe, la perquisition menée par l'OCLAESP a visé plusieurs coureurs de l'équipe, dont le Colombien Dayer Quintana, le frère de Nairo, et des membres de l'équipe médicale.

Emmanuel Hubert a pour sa part simplement indiqué que la perquisition n'a "concerné qu'un nombre très limité de coureurs, ainsi que leur entourage proche, non salarié de l'équipe".

"L'équipe, son manager général ainsi que son staff ne sont tenus informés d'aucun élément de près ou de loin, relatif au déroulement de l'enquête qui ne vise ni l'équipe ni son staff directement", a-t-il ajouté.

Selon les deux journaux, la perquisition a eu lieu mercredi près de Méribel, en Savoie.

L'enquête a été ouverte sur des chefs "d'administration et prescription à un sportif sans justification médicale de substance ou méthode interdite dans le cadre d'une manifestation sportive, aide à l'utilisation et incitation à l'usage de substance ou méthode interdite aux sportifs, transport et détention de substance ou méthode interdite aux fins d'usage par un sportif sans justification médicale", a aussi précisé Mme Laurens, rappelant que la peine encourue était de 5 ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

Cette affaire est la première notable depuis plusieurs années sur le Tour de France, après une période scandée par des descentes de police pendant l'épreuve suite à l'affaire Festina en 1998.

(avec AFP)