Vendée Globe: "Ce serait d'une infinie tristesse" pour le maire des Sables-d'Olonne

25 janvier 2021 à 13h05 par Denis Le Bars

Le Maire des Sables-d'Olonne ne décolère pas. Après l'interdiction d'accès aux abords de Port Olonna, le port d'accueil des monocoques du Vendée Globe, Yannick Moreau a écrit au Président de la République.

ALOUETTE
Yannick Moreau le Maire des Sables-d'Olonne
Crédit: Alouette

Peut-on imaginer une arrivée du Vendée Globe sans public le long du chenal ?

Je pense que ce serait d’une infinie tristesse et qu’on peut encore l’éviter. Si la question est sanitaire sur l’accueil du public, j’ai évidemment vocation à protéger la population et à ne pas créer les conditions de circulation du virus. Mais, le chenal des Sables-d’Olonne, ce n’est pas le métro parisien aux heures de pointe, ce ne sont pas non plus les grandes rues commerçantes des grandes villes, c’est 4 kilomètres de linéaire de quais, battus par les vents en plein hiver. Alors, quand on met un masque et qu’on respecte une distance de deux mètres entre des personnes, on peut tout à fait créer une haie d’honneur pour accueillir comme il se doit ces héros, et notamment Jean Le Cam qui a été l’auteur d’un sauvetage héroïque fin novembre. Le Vendée Globe n’est pas simplement une épreuve sportive en solitaire ordinaire, c’est une telle aventure qui fait voyager et espérer des millions de personnes à travers le monde, que les participants méritent les honneurs lorsqu’ils rentrent au port aux Sables-d’Olonne.

Est-ce que les distances et les règles peuvent être respectées par le public, selon vous ?

Je ne demande pas à ouvrir les vannes et à faire venir de la France entière des spectateurs amoureux de la mer, du Vendée Globe, et de créer les conditions de circulation du virus. Ce que je dis, c’est qu’on peut apporter un petit peu d’humanité et de chaleur lors de cette arrivée de Vendée Globe, c’est-à-dire : sélectionner et filtrer le public, une jauge stricte et définie, pour qu’on puisse gérer les distances et pour que ça se passe bien. Je ne peux pas imaginer une arrivée de Vendée Globe sans public, ce serait une vision d’horreur. C’est impensable pour moi!

Avez-vous été en contact avec le préfet depuis vendredi dernier ?

Nos rapports se sont un petit peu refroidis depuis la prise de décision, je ne désespère pas d’une solution de compromis qui soit tout à fait raisonnable et responsable, entre les normes sanitaires en vigueur et un accueil humain. Il n’est pas encore trop tard ! Le président de la République a ma lettre sur son bureau, je sais que la ministre de la Mer est sensible au sujet et qu’elle doit s’en saisir prochainement. Je veux encore croire que le gouvernement et le Président de la République sauront apporter une petite dose d’humanité dans le retour de ces héros aux Sables-d’Olonne.

(Echange retranscrit par Mikaël Le Gac)