Vienne : débrayage jeudi aux anciennes Fonderies du Poitou

3 juin 2020 à 5h33 par Arnaud Laurenti

La CGT a lancé un appel au débrayage en raison de la situation "préoccupante" chez les équipementiers automobiles Liberty Alu Poitou et Liberty Fonderie Poitou, qui ont comme unique client Renault. Les deux sites emploient près de 600 salariés.

ALOUETTE
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Les deux sociétés d'Ingrandes-sur-Vienne ont été rachetées l'année dernière par le groupe britannique Liberty House, mais le syndicat accuse l'entreprise, qui fait partie du Gupta Family Group (GFG) de l'Indien Sanjeev Kumar Gupta, de ne pas avoir respecté ses engagements, notamment de diversification.

Dépendance à Renault

Au moment du rachat, un accord prévoyait un socle de volume de commandes de la part de Renault et un effort de diversification de la part du Britannique, a expliqué à l'AFP Jean-Philippe Juin, délégué syndical CGT pour Liberty Alu Poitou.

Mais selon lui, les volumes de commandes n'ont pas été respectées et "aucun investissement n'est arrivé sur le site : ils nous promettent de l'argent, mais il n'y a jamais rien qui vient".

"Aujourd'hui, on est suspendus aux aléas de Renault et on se demande si on ne va passer à la trappe", dit-il.

Baisse significative des commandes

Liberty Alu Poitou (285 salariés) fabrique des culasses tandis que son voisin Liberty Fonderie Poitou (316 salariés) produit des carters en fonte.

Le 18 mai, le secrétaire du CSE Géry Begeault et M. Juin avaient envoyé une lettre à la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie Agnès Pannier-Runacher, pour lui demander "une solution financière et économique" et éviter la cessation de paiement de l'entreprise alors que "les commandes de notre seul client Renault se sont effondrées".

"L'actionnaire Liberty, pendant cette période, n'a apporté aucun soutien financier pour pouvoir passer les difficultés liées à la pandémie", dénonçaient les deux hommes.

Aujourd'hui, les deux entreprises n'ont repris que très partiellement et tournent au ralenti mais la CGT appelle néanmoins à un débrayage et un rassemblement des salariés pour jeudi, au lendemain d'une réunion du CSE.

La crise du coronavirus a mis le groupe Renault en difficulté et le ministère de l'Économie s'apprête à valider un prêt garanti par l'État de 5 milliards d'euros.

(avec AFP)