Pays de la Loire : une expérimentation pour mieux lutter contre la soumission chimique

Publié : 8 janvier 2026 à 12h23 par
Elouen Rouchy - Journaliste

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La députée de Loire-Atlantique, Sandrine Josso, victime elle-même de soumission chimique, porte l’expérimentation d’un protocole soumission chimique en Pays de la Loire. En place depuis le 1er janvier, il permet notamment le remboursement des tests effectués en laboratoire pour détecter la présence de drogues.

Sandrine Josso, victime de soumission chimique, expérimente un protocole pour lutter contre le fléau
Sandrine Josso, victime de soumission chimique, expérimente un protocole pour lutter contre ce fléau
Crédit : Sandrine Josso

Le 14 novembre 2023, alors que la députée de Loire-Atlantique Sandrine Josso se trouve au domicile parisien de son ami, le sénateur (et ancien maire de Saint-Sébastien-sur-Loire) Joël Guerriau. Elle est ressortie de chez lui avec 388 ng/ml d’ecstasy dans le sang. C’est ce qu’ont révélé les analyses toxicologiques qu’elle a effectuées immédiatement. Joël Guerriau est donc soupçonné d’avoir dilué de la MDMA dans son verre afin de "commettre un viol ou une agression sexuelle". Ce qu’il ni. Le procès doit avoir lieu les 26 et 27 janvier 2026.

Mais Sandrine Josso n’est pas la seule victime de soumission chimique. En 2024, 327 faits en vue d’un viol ou d’une agression sexuelle ont été recensés en France. Un chiffre sûrement inférieur à la réalité, car toutes les victimes ne portent pas plainte.

 

Une meilleure prise en charge

Depuis cette affaire, Sandrine Josso a fait de la soumission chimique son fer de lance. Elle a déposé en décembre dernier un amendement pour lutter contre ce fléau. Depuis le 1er janvier, une expérimentation est en place dans les Pays de la Loire, mais également en Hauts-de-France et Île-de-France. "Dans le reste du territoire, quand vous avez une suspicion de soumission chimique, il faut d’abord aller porter plainte, et lorsque c’est fait, il faut aller faire des prélèvements. Mais il y a un problème de temps. Car, en réalité, c’est un contre-la-montre qui se joue afin que les traces de drogues soient encore visibles dans le sang ou dans les urines."

"C’est pour cela que j’ai déposé un amendement qui permet (dans les régions expérimentales) d’accéder à des prélèvements sans porter plainte. Et ensuite, avec ces résultats, les victimes peuvent aller porter plainte." Des prélèvements, très coûteux, qui sont désormais pris en charge par la sécurité sociale. "Je souhaite que ce soit le cas partout, afin que tous ces prélèvements ne soient plus à la charge des victimes."

Sandrine Josso, députée de Loire-Atlantique, au micro d'Alouette

"J’avais cette croyance que ça se passait seulement dans les boîtes de nuit ou les bars…"

Pour Sandrine Josso, il faut casser les mythes établis. Car "moi-même, j’avais, comme beaucoup de gens dans la société, cette croyance que ça se passait dans les boîtes de nuit ou les bars. Mais toutes les études de signalement prouvent que, pour la soumission chimique, nous connaissons l’auteur. Donc c’est quelqu’un de notre entourage familial ou amical. La soumission chimique opère au sein des foyers, dans la sphère privée. Ce qui est le cas pour Madame Pelicot, mais également pour moi. C’est une confiance trahie." 

Sandrine Josso, au micro d'Alouette

L’expérimentation doit durer trois ans. Une généralisation à l’ensemble du pays sera ensuite étudiée.