À cause des tempêtes à répétition, plusieurs centaines d’oiseaux morts échoués retrouvés du Finistère au Portugal

Publié : 10h19 par
Adrien Michaud - Journaliste

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Depuis deux semaines, les signalements d’oiseaux marins échoués se multiplient sur la côte atlantique. Plus de 300 ont été retrouvés en moins d’un mois. Les centres de soins pour la faune sauvage sont mobilisés pour prendre en charge les oiseaux survivants.

La principale espèce concernée par ces échouages est le macareux moine.
La principale espèce concernée par ces échouages est le macareux moine.
Crédit : Illustration Envato - DR

Ingrid, Goretti et maintenant Nils. Les tempêtes se succèdent à un rythme effréné depuis le début d’année 2026. Des épisodes météorologiques intenses pour les humains, mais surtout pour les animaux, comme les oiseaux marins.

Depuis la mi-janvier, de nombreux échouages d’oiseaux ont été signalés sur les plages du littoral atlantique. Ces épisodes d’échouages massifs font souvent suite aux tempêtes hivernales, "et peuvent parfois prendre des proportions dramatiques", rappelle la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). En 2014, plus de 50 000 oiseaux marins s’étaient échoués sur le littoral atlantique.

Pour surveiller ces phénomènes, la LPO coordonne depuis 2022, le Réseau Échouage Oiseaux Marins Atlantique (REOMA). Tous les hivers, des centaines de bénévoles prospectent les plages du littoral et enregistrent leurs observations. Les données collectées contribuent à l’amélioration des connaissances sur les échouages et les causes de mortalité des oiseaux marins.

 

Des oiseaux en état de sous-nutrition

Ainsi, le REOMA a permis de documenter plus de 300 échouages mortels depuis la mi-janvier, concentrés essentiellement entre le Finistère et la Charente-Maritime. "Les principales espèces concernées sont des alcidés, dont une majorité de macareux moines. L’épisode d’échouages en cours concerne également les côtes espagnoles et portugaises", dépeint l’association de protection de la nature. Toujours selon la LPO, ces chiffres ne constituent pas une estimation de la mortalité totale, elle pourrait être bien supérieure : "On estime en effet que pour 1 oiseau récupéré, 10 sont morts sans être trouvés."

Et ces individus échoués morts présentent généralement un état de sous-nutrition. "Encore une fois, le triste spectacle d’oiseaux morts ou affaiblis jonchant nos plages se répète, à la faveur de la surexploitation des ressources marines et du renforcement des tempêtes hivernales, liées au changement climatique", s’en émeut Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO. Les oiseaux retrouvés vivant sur nos côtes, sont, eux, accueillis et soignés par les centres de soins pour la faune sauvage habilités. Ces derniers jours, une vingtaine d’oiseaux marins, affaiblis par la succession de tempêtes, ont été pris en charge au centre de soin de l’île Grande, dans les Côtes-d’Armor.