Pompier derrière l’objectif, Mathéo raconte les incendies
/t:r(unknown)/filters:format(webp)/authors/nkd8jDrkez.png)
Laura Vergne vous donne rendez-vous sur Alouette et alouette.fr pour des reportages au plus près de vous !
À 21 ans, Mathéo Fradin est sapeur-pompier volontaire et photographe pour le SDIS 49. Cet été, il a braqué son objectif sur plusieurs feux de forêt en Maine-et-Loire. Des flammes, des visages fatigués, des soutiens inopinés, ses images racontent ce que le public ne voit pas. Rencontre.
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/6cOIUcKx8a/image/Math_o_FRADIN___LV_Alouette_DR1787929598871.png)
Des flammes "de six à sept mètres" de haut. Le bruit des pompes. Des hectares noircis. Cet été, Mathéo Fradin s’est retrouvé au milieu des incendies de Saint-Macaire-du-Bois et de Champigné. Cette fois, pas de lance entre les mains mais un appareil photo. À 21 ans, le jeune homme est sapeur-pompier volontaire depuis cinq ans. Depuis près d’un an, il a aussi intégré la cellule photographe du service communication du SDIS 49. Une façon de réunir "ses deux passions". À côté, Mathéo travaille dans l’événementiel. Une semaine sur trois, il prend sa garde dans son centre de secours à Champtoceaux. Une caserne composée d’une trentaine de sapeurs-pompiers, tous volontaires. Lorsqu’une intervention importante éclate, son rôle peut changer. Le pompier devient alors le photographe. Sa mission ? Réussir à raconter un incendie en quelques images.
"Des flammes qui font quatre ou cinq fois notre taille"
Cet été, Mathéo Fradin s’est retrouvé face à des murs de flammes. "Quand il y a des flammes qui font plusieurs mètres de haut, qui font quatre ou cinq fois notre taille, c’est forcément impressionnant." Certaines ont atteint, selon lui, six à sept mètres. Pourtant, ce n’est pas forcément le feu qu’il cherche dans son viseur. Sur les incendies de cet été, Mathéo veut aussi montrer ceux qui l’affrontent. La fatigue. Les gestes. Le terrain.
"C’était un peu la fatigue des pompiers qui se ressent sur l’intervention. Comme quoi, combattre les flammes, c’est dur. Le terrain n’était pas facile."
Une photographie lui revient particulièrement. Au premier plan, un camion de pompiers. Derrière, les flammes. Plus loin, un véhicule agricole participe lui aussi à l’extinction.
"Cette photo-là, elle raconte la mobilisation des agriculteurs."
Une image qui rassemble tout. "Je trouve que c’est une belle photo de voir tout en même temps et comment ils ont travaillé main dans la main." Encore faut-il être là lorsque la scène se présente. Sur un feu de forêt, Mathéo ne maîtrise pas toujours son cadre. À Saint-Macaire-du-Bois, il monte dans un véhicule de commandement. Sans connaître sa destination. "Je ne savais pas où j’allais atterrir." Quelques instants plus tard, des flammes reprennent devant lui. "J’aurais pu très bien ne rien voir, mais je suis tombé au bon moment." Le hasard lui offre l’image. Son regard de pompier fait le reste.
/t:r(unknown)/filters:format(webp)/radios/alouette/pagesImages/l50QuP7iQC/fTGIszffM3.png)
Photo de Mathéo Fradin
"Des images dures à photographier"
Mathéo Fradin ne photographie pas un incendie comme n’importe quel photographe. Avant l’appareil, il y a cinq années de caserne. Il connaît les gestes de ses collègues. Leur organisation. Les risques autour d’eux. "On sait quoi mettre en valeur, " affirme le jeune homme. Puis il résume : "Puisque je suis pompier, je sais ce que je raconte." Son appareil cherche alors autre chose qu’une belle flamme. Il photographie "comment ils travaillent", "leur façon de fonctionner" mais aussi "l’esprit d’équipe". Il suit également le commandement pour raconter toute l’intervention. Son défi tient presque dans une règle de photojournalisme.
"Trouver le bon angle, pouvoir raconter un maximum de choses en une seule image."
Mais être pompier lui apprend aussi quand ne pas déclencher. Sur un accident, certaines images sont impossibles à publier. Les victimes et plaques d’immatriculation ne doivent pas apparaître. Des éléments sensibles peuvent également être masqués lors du traitement des clichés. D’autres scènes marquent davantage.
"Il y a des images qui sont dures à photographier."
Il pense notamment aux incendies d’habitation. "Même dans des maisons où il y a des jouets pour enfants brûlés… Ça reste des photos sensibles." Il existe aussi une frontière physique. Le photographe reste pompier, mais il n’est pas là pour intervenir.
"Mon rôle, c’est de prendre des photos. Et je ne prends que les photos, même si des fois, j’ai envie d’aider les collègues."
Pas question non plus de risquer sa vie pour un cliché. Lorsqu’un bâtiment menace de s’effondrer, il reste dehors. « On ne va pas y aller pour prendre des photos. » Une photographie ne vaut pas une prise de risque supplémentaire.
"Raconter ce qui se passe à la France entière"
Puis le feu s’éteint. Les véhicules ralentissent. Et le paysage change de couleur, il devient presque "noir et blanc". L’ambiance aussi bascule. "Il y a une sorte de tension parce qu’il y a du silence." Les pompiers parlent peu. Les pompes continuent de tourner. Le feu crépite encore.
"C’est vraiment un mix de tout ça qui crée une tension et une sorte de tristesse de voir tout ce paysage brûlé."
Certaines choses échappent pourtant à son objectif. L’odeur. La chaleur. Le stress. L’adrénaline. Autant de sensations qu’une photographie peine à transmettre. C’est aussi pour cette raison que le jeune pompier s’intéresse davantage à la vidéo. Puis vient le retour à la maison. Il faut encore trier et retoucher les clichés. Après le mouvement de l’intervention, le calme revient brutalement. Mathéo parle d’« une petite latence pour redescendre en pression ». Mais son travail ne s’arrête pas à la communication du SDIS. Ses images peuvent aussi servir aux retours d’expérience après de grosses interventions. Pendant certaines opérations, elles sont directement transmises au centre opérationnel.
"On leur envoie pour qu’on soit les yeux du centre d’appel."
Elles voyagent aussi beaucoup plus loin. Certaines photographies du SDIS 49 ont été diffusées sur TF1 ou M6. "On est là pour raconter ce qui se passe à la France entière, si on peut." À l’origine, la photographie n’était pourtant qu’un loisir pour Mathéo. Aujourd’hui, elle est devenue une autre manière d’être pompier. Et quand les camions sont repartis, elle conserve ce que les flammes ont laissé derrière elles.
"On reste toujours gravé dans ce qui s’est passé."
Parce qu’un incendie finit par s’éteindre. "Les photos, ça peut durer des dizaines d’années."
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/alouette/images/logo.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/6cOIUcKx8a/image/Gendarmerie1678182506276-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/6cOIUcKx8a/image/UNSA___LV_Alouette_DR1787923209949-format1by1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/6cOIUcKx8a/image/celine_dion_film16674823113841774265265286-format1by1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/6cOIUcKx8a/image/jardins_du_gue_drame1786523044367-format1by1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/6cOIUcKx8a/image/cafetiere_web_0920261787654493197-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/6cOIUcKx8a/image/defi_du_jour_1280x7201787819337957-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/6cOIUcKx8a/image/La_Touche_gagnante_1280X7201787748761266-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/6cOIUcKx8a/image/ALPAHATOP1787747770474-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/6cOIUcKx8a/image/Logo_R_ussite1732272458518.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/https%3A%2F%2Fmedias.podcastics.com%2Fpodcastics%2Fepisodes%2F8865%2Fartwork%2Famenager-un-school-bus-au-canada-et-accueillir-les-bleus-a-boston-lincroyable-aventure-de-joris-ils-ont-tout-quitte-ou-presque.jpg.281f265f1c29f2132404188279e2e8e3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/https%3A%2F%2Fmedias.podcastics.com%2Fpodcastics%2Fepisodes%2F7671%2Fartwork%2Fborn-in-the-usa-bruce-springsteen-la-chanson-que-lamerique-na-jamais-comprise-un-hit-une-histoire.jpg.3341d45fa95b38feaf828bb0eae16370.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/500x281/filters:format(webp)/medias/6cOIUcKx8a/image/Gendarmerie1678182506276-format16by9.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/500x281/filters:format(webp)/medias/6cOIUcKx8a/image/UNSA___LV_Alouette_DR1787923209949-format16by9.png)
/t:r(unknown)/fit-in/500x281/filters:format(webp)/medias/6cOIUcKx8a/image/celine_dion_film16674823113841774265265286-format16by9.png)