Projet d’attaque contre la mairie de Poitiers : trois hommes seront jugés en novembre

Publié : 11h18 par
Romane Hocquet - Journaliste

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Parmi les accusés, deux hommes sont poursuivis pour avoir réalisé des tests chimiques en 2024. Ils sont soupçonnés d’avoir voulu préparer une attaque à l’explosif contre l’hôtel de Ville de Poitiers, en raison de la bataille symbolique de 732 où Charles Martel a battu les troupes arabo-berbères. Défi scientifique ou projet djihadiste ?

mairie Poitiers
Les accusés auraient visé Poitiers à cause de la bataille de 732 contre les troupes arabo-berbères.
Crédit : Google - Mairie de Poitiers

Ils assurent qu'il s'agissait simplement d'un "défi scientifique" : trois jeunes hommes seront jugés en novembre à Paris. Deux d'entre eux sont poursuivis pour avoir réalisé, en 2024, des tests chimiques. Selon l'accusation, les deux accusés préparaient une attaque à l'explosif, notamment contre la mairie de Poitiers. 

Les trois hommes, âgés de 21 à 22 ans aujourd'hui, comparaîtront pour association de malfaiteurs terroristes. Parmi eux, deux seront aussi jugés pour fabrication de produits incendiaires ou explosifs, en relation avec une entreprise terroriste. Tous nient ces accusations.

 

Leur défense : "un défi scientifique"

D'après l'analyse des juges d'instruction, citée par l'AFP, cette association présumée comprend "deux branches" : "les échanges et projets destinés à la commission d'actions violentes en France", dans le but d'y créer un État islamique, ainsi que le "recrutement d'individus à rejoindre la Syrie".

Le 28 octobre 2024, le principal suspect, né en Algérie et résidant à Nantes, échangeait sur Telegram au sujet d'un projet d'attaque de la mairie de Poitiers. "Nous voulons en faire un symbole pour l'ancienne vengeance", affirmait l'homme qui avait envoyé la localisation de la mairie à un interlocuteur non identifié.

 

Une vengeance après la bataille de Poitiers contre les troupes arabes

Les jeunes auraient choisi la mairie de Poitiers en raison de la bataille symbolique de Poitiers en 732 où Charles Martel a battu des troupes arabo-berbères. 

L'instigateur présumé a été interpellé en décembre 2024. Depuis, il dément toute ambition terroriste et évoque plutôt un défi scientifique. "C'était, au mieux, une entreprise de troll", confirme son avocat, Maître Romain Ruiz qui précise que son client a écrit en détention un livre pour "réfuter point par point la pensée de l'État islamique".

Une défense qui n'a pas convaincu les juges : le mis en cause a tenu des propos sur des projets violents "plusieurs fois et auprès de différents interlocuteurs". Les juges lui reprochent aussi d'avoir entretenu "des contacts avec des individus se présentant comme appartenant à l'État islamique ou se trouvant en territoire syrien."

 

 

 

 

 

Avec AFP