Vapoter : quels risques pour la santé ?

Publié : 8h36 par
Joséphine Point - Journaliste - Coordinatrice des contenus web

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Le vapotage présente des risques pour la santé : c'est la conclusion de l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) qui a épluché près de 3 000 études sur la question. Si la cigarette électronique reste moins nocive que la cigarette classique, les études montrent des effets cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes.

vapoter une cigarette électronique
Les effets nocifs sont liés aux substances toxiques inhalées quand le liquide de vapote est chauffé.
Crédit : Illustration Envato - DR

Alors que la cigarette électronique s'est imposée dans la vie de plus de 3 millions de Français, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) s'est penchée sur les éventuels risques sanitaires liés au vapotage.

Pour cela, l'Anses a mobilisé 14 experts qui ont passé au crible 2 864 études scientifiques et plusieurs rapports internationaux. La conclusion rendue ce mercredi 4 février est sans appel : vapoter présente des risques pour la santé car "c'est inhaler des substances nocives".

 

Un terrain cancéreux

Les effets nocifs recensés sont liés à l'inhalation répétée de substances toxiques : celles-ci sont libérées à l'usage du matériel (la cigarette électronique peut émettre des métaux), déjà présentes dans le liquide - propylène glycol, glycérol, arômes - et se forment lorsque ce liquide est chauffé.

Ce qui a été constaté c'est une altération de cellules (lésions de l'ADN), pouvant favoriser un terrain cancéreux.

Autres risques attestés par les études scientifiques : des effets nocifs au plan cardiovasculaire, jugés "probables" lorsqu'on vapote un e-liquide contenant de la nicotine, et "possibles" même sans nicotine - modifications de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle... pouvant mener à des pathologies cardiaques à long terme. Et au plan respiratoire, certaines études suggèrent une augmentation de la survenue d'une maladie pulmonaire chronique, la BPCO.

Au total, sur 1 775 substances présentes dans les aérosols (la vapeur inhalée par le vapoteur), l'Anses en a identifié 106 qu'elle juge "particulièrement préoccupantes", bien que présentes avec des "concentrations significativement plus faibles" que celles de la fumée de cigarette classique.

 

Un outil de sevrage

"Il faut absolument écarter tout vapotage pour les non-fumeurs et les jeunes qui sont attirés par les saveurs fruitées et sucrées de ces produits", indique Benoît Labarbe, chef de l'unité évaluation des produits du tabac de l'Anses.

En revanche pour les fumeurs de cigarettes classiques, "cela peut être, à côté des autres produits de substitution nicotinique, un outil de sevrage dont il faudra ensuite arrêter l'usage", complète-t-il.

 

Une pratique dangereuse

L'Agence nationale de sécurité sanitaire conclut avec une alerte sur les dangers de composer soi-même son e-liquide comme le fait un vapoteur sur deux, par économie. Cette pratique présente des risques de surdosage, de l'emploi d'ingrédients non adaptés à l'inhalation comme les huiles essentielles, ou d'une ingestion accidentelle par les enfants.

 

 

 

Avec AFP