Sauveteurs en mer : en Vendée, ils s’entraînent déjà pour sauver des vies cet été

Publié : 6h33 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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À Saint-Hilaire-de-Riez, en Vendée, une vingtaine de jeunes terminent leur formation de nageurs sauveteurs SNSM. Objectif : surveiller les plages françaises cet été. Après près de 300 heures d’entraînement, ils passent leur dernière semaine en conditions réelles, sur la plage de Parée Preneau. Reportage.

À Saint-Hilaire-de-Riez, en Vendée, une vingtaine de jeunes terminent leur formation  SNSM
À Saint-Hilaire-de-Riez, en Vendée, une vingtaine de jeunes terminent leur formation SNSM
Crédit : Alouette DR - Laura Vergne

Le soleil tape sur le sable. L’océan est calme en apparence. Sur la plage de Parée Preneau, à Saint-Hilaire-de-Riez, en Vendée, trois groupes s’activent. Combinaisons noir et orange. Regard fixé sur l’eau. Un jeune tire une victime hors de l’eau. Deux autres arrivent en renfort. Les gestes sont précis. Répétés. Presque mécaniques. Ici, rien n’est laissé au hasard. Même si la victime est fictive, l’enjeu, lui, est bien réel.

 

Ecoutez le reportage en immersion avec les futurs sauveteurs en mer
Ecoutez le reportage en immersion avec les futurs sauveteurs en mer
Crédit : Alouette DR

"On s’entraîne sur des victimes conscientes, inconscientes"

Sur le sable, Ladislas, 20 ans, reprend son souffle. Quelques secondes plus tôt, il était dans l’eau. "On s'entraîne sur des sorties d’eau avec des victimes conscientes, inconscientes, traumatisées", explique-t-il. Depuis plusieurs jours, ils enchaînent les exercices. "Zodiac, paddle, rescue tube"… Tous les outils du sauveteur sont utilisés.

Cette semaine marque la fin d’une longue préparation. Une année entière. Des diplômes à valider. Près de 300 heures de formation. "Ils sont en formation depuis septembre. Ce stage vient finaliser leur parcours", précise Nicolas Hédouin, directeur du stage. S’ils réussissent, ils seront déployés cet été. En Vendée, en Bretagne, en Nouvelle-Aquitaine… et partout sur le littoral français.

 

"Chaque année, on manque des sauveteurs"

Sur la plage, les formateurs observent. Corrigent. Répètent. "Le but, c’est vraiment de transmettre nos capacités, nos techniques et surtout notre expérience", explique Kevin, formateur depuis cinq ans. Car derrière ces entraînements, une réalité : le manque de personnel.

"Chaque année, on manque de sauveteurs, surtout au mois d’août."

En France, près de 240 postes de secours doivent être surveillés chaque été. Entre 1 400 et 1 600 nageurs sauveteurs sont mobilisés. Mais beaucoup sont étudiants. Ils viennent une saison, puis repartent. Résultat : les équipes doivent être renouvelées chaque année.

 

Témoignage de Nicolas Hédouin, directeur du stage.
Témoignage de Nicolas Hédouin, directeur du stage.
Crédit : Alouette DR

42 % des noyades mortelles ont lieu en mer

Face à eux, l’océan. Calme en surface. Mais trompeur. Une vague de bord (appelée shore break, une vague qui casse brutalement sur le rivage) déstabilise les sauveteurs. Le sable se dérobe sous leurs pieds. Le courant tire.

"Le shore break peut faire perdre le contact avec la victime", explique Kevin.

Les chiffres confirment l’enjeu. L’été dernier, 1 013 noyades ont été recensées en France. 268 ont été mortelles. Parmi elles, 42 % ont eu lieu en mer, soit 113 décès. Des accidents souvent liés à la baignade. Mais aussi à une mauvaise évaluation du danger.

"Il faut renouveler les effectifs chaque année", insiste Nicolas Hédouin.

Sur le sable, les jeunes repartent à l’eau. Les exercices s’enchaînent. Dans quelques semaines, ils seront en poste. Avec, cette fois, de vraies interventions à gérer.