À la tête des pompiers de Maine-et-Loire : qui est Sébastien Salès ?

Publié : 14h46 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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Le colonel Sébastien Salès dirige les pompiers de Maine-et-Loire depuis le 1er octobre. À 46 ans, cet ancien volontaire arrive après un été marqué par les incendies. Rencontre.

Le colonel Sébastien Salès dirige les pompiers de Maine-et-Loire
Le colonel Sébastien Salès dirige les pompiers de Maine-et-Loire
Crédit : Alouette DR - Laura Vergne

À 12 ans, Sébastien Salès rejoint les jeunes sapeurs-pompiers. Trente-quatre ans plus tard, il dirige les secours de Maine-et-Loire. Lors de notre rencontre, le nouveau directeur raconte volontiers ces détours. À l’aise, détendu, il évoque aussi les doutes qui ont précédé les galons. Il succède au contrôleur général Jean-Philippe Rivière, parti à la retraite. La passation officielle s’est déroulée le 5 octobre. Son arrivée suit plusieurs incendies importants dans le département. Cet été, la rédaction d'Alouette avait d'ailleurs rencontré Mathéo Fradin, pompier volontaire et photographe du SDIS 49, qui témoignait de la fatigue et de l’entraide sur le terrain.

 

L’Anjou, un choix aussi personnel

Prendre la direction d’un service de secours implique souvent de déménager. Sébastien Salès l’accepte, mais souhaite rester dans l’Ouest.

"Je souhaite une mobilité quand même assez régionale, qui soit en cohérence aussi avec mes valeurs."

Originaire de Vendôme, dans le Loir-et-Cher, il connaît déjà une partie de la région. Et possède une attache directe à Angers qui est d'ordre familiale.  Ce n’est d’ailleurs pas sa première candidature en Maine-et-Loire. Quatre ans auparavant, il avait postulé à un poste de directeur adjoint. Retenu à Chartres, il avait finalement rejoint le SDIS d’Eure-et-Loir. Cette fois, il découvre un service dont il souligne plusieurs forces. Les 74 centres de secours, l’expérience des feux de forêt et des inondations. Mais aussi "le volontariat qui est quand même très ancré, très présent". Un engagement qu’il connaît depuis l’adolescence.

 

Une vocation née à 12 ans

Sébastien Salès commence chez les jeunes sapeurs-pompiers à 12 ans. À 16 ans, il devient volontaire. Pourtant, au moment de choisir sa voie professionnelle, il hésite. Ses parents travaillent dans le commerce et l’artisanat. Reprendre leur activité de boucherie-charcuterie-traiteur fait partie des possibilités. Il donne des coups de main, notamment le week-end, mais connaît les contraintes du métier. "Mes parents ne m’ont jamais forcé", précise-t-il. Il travaille pendant un an et demi dans une fonderie, dans l’Est. Puis décide de changer de direction : "Ce n’est pas ça que je veux faire." Il passe le concours de sapeur-pompier, avant de reprendre ses études. Direction La Ciotat, près de Marseille, pour une licence. Le bord de mer succède à Mulhouse, avec une pression bien réelle. "J’avais quitté un travail pour retourner étudiant. Donc j’avais une obligation de résultat", raconte-t-il, évoquant l’engagement de ses parents. Après le concours d’officier, il débute comme lieutenant adjoint à Blois (Loir-et-Cher). Puis dirige le centre de secours de Vendôme pendant quatre ans. La suite le conduit à Tours-Centre (Indre-et-Loire), puis à la tête de plusieurs centres de secours. Il rejoint ensuite le ministère de l’Intérieur pendant trois ans. Son expérience du terrain nourrit alors un travail sur l’organisation des secours.

"Je crois vraiment aux rencontres et aux opportunités", explique-t-il.

L’une de ces rencontres compte particulièrement : son chef l’encourage à passer le concours de colonel. Suivent une année de formation à Aix-en-Provence, puis quatre années comme directeur adjoint en Eure-et-Loir.

 

Le colonel Sébastien Salès au centre de secours de Beaucouzé - Alouette DR

 

"Aller vers les autres"

En Maine-et-Loire, plusieurs chantiers l’attendent déjà. Début 2027, le SDIS doit adopter NexSIS, un nouveau logiciel de gestion des alertes et des interventions. Concrètement, il accompagne les secours depuis l’appel au 18 ou au 112. Localiser l’urgence, mobiliser les moyens, suivre l’intervention : ces informations passent par cet outil. Le système doit aussi faciliter leur partage entre services de secours. Autre évolution à préparer : le Réseau radio du futur, ou RRF. L’objectif est de transmettre davantage que la voix sur le terrain. Les équipes pourront aussi échanger des photos, des vidéos et des données.

"Aujourd’hui, on est quand même plutôt à s’envoyer des films, à s’envoyer des photos", relève le colonel.

Il évoque une bascule dans les prochaines années, sans avancer de date précise pour le département. Au-delà des équipements, il souhaite renforcer les relations avec les autres acteurs du territoire. Élus, industriels, associations, services de l’État : tous ont, selon lui, un rôle à jouer.

"Ce n’est pas qu’en cas de crise qu’on doit travailler ensemble."

Sa feuille de route doit se construire "avec le collectif du SDIS et de l’ensemble de ses composants". Le recrutement des volontaires reste également un enjeu. Lors de la dernière journée de sélection, 82 candidats ont réussi les tests. Un résultat qu’il accueille avec satisfaction, sans nier les besoins de certaines casernes.

"Il y a des territoires et des centres où on a plus de besoin que dans d’autres."

Son objectif : assurer les secours tout en préservant l’équilibre des volontaires. Leur métier, leur famille et leur engagement doivent pouvoir tenir ensemble. Le nouveau directeur insiste : "Moi, je crois vraiment aussi à l’engagement de nos jeunes."