"Comme un gamin devant les dauphins !", les souvenirs des habitants de l’île de Ré après la disparition de Lionel Jospin

Publié : 11h32 par
Romane Hocquet - Journaliste

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Un hommage national est rendu à Lionel Jospin ce jeudi 26 mars, aux Invalides à Paris. L’ancien Premier ministre était aussi un amoureux de l’île de Ré, où il possédait une résidence secondaire. Un habitant (presque), comme les autres. Reportage Alouette, à Ars-en-Ré.

maison Jospin île de ré
Un bouquet de fleurs a été déposé devant la maison des Jospin, à Ars, sur l'île de Ré.
Crédit : Alouette DR

"Moi, j’ai connu un Lionel qui correspond peu à l’image du gars austère, pas marrant ! Ce n’est pas du tout la personne que j’ai fréquentée !". Serge Maubec – ancien professionnel de la course au large – a connu Lionel Jospin sur l’eau, grâce à un ami commun : Jean-François Fountaine, ancien marin, président de l’agglomération de La Rochelle. 

Serge Mabec - qui habite aujourd'hui Ars - se souvient de leur rencontre : une journée – dans les années 1990 - à bord d’un bateau où les trois hommes avaient quitté l’île de Ré pour remonter jusqu’à Rochefort, en passant par la Charente. Ils avaient visité le chantier de l’Hermione, la Corderie Royale et la maison Pierre Loti.

 

Le skippeur Serge Mabec partage des souvenirs de navigation et de parties de tennis avec Lionel Jospin. 

 

"Je l’ai connu quand il était Premier ministre, et quand il montait sur un bateau, il était débranché de tous ses soucis, même s’il ne connaissait pas grand chose à la navigation", s’amuse le double-recordmen de la traversée de l’Atlantique nord à la voile.

"Un jour, on naviguait de nuit vers l’île d’Yeu. On a aperçu des dauphins dans l’eau. Et Lionel était comme un gamin qui découvrait un truc !" - Serge Mabec, ancien navigateur.

 

"C’était mon voisin !"

Dans les rues du charmant village, tous les habitants s’accordent sur la discrétion et la gentillesse de ce Rétais d’adoption. "Il se fondait dans le décor", insiste Alain, qui habite à une cinquantaine de mètres de la maison des Jospin. Une bâtisse de 100 m², dans une rue du centre-ville. Rien d’extravagant, la résidence est sobre, semblable aux autres. Un bouquet de fleurs a été déposé à côté de la porte.

 

Alain est ému aux larmes en parlant de son ancien voisin. Lionel Jospin habitait à quelques mètres du retraité.

 

Un café et des journaux en terrasse : son plaisir quotidien

"Quand il était là, souvent hors saison, je le croisais tous les jours", raconte Alain, pas surpris par l’annonce de la disparition de l’ancien Premier ministre. "On voyait qu’il était fatigué, qu’il avait changé un peu, mais cela restait quelqu’un de très chaleureux, une super personne", assure le retraité, très ému. Il montre du doigt le restaurant de la place de l’église, où Lionel Jospin aimait lire ses journaux en terrasse, ou regarder les matchs de basket.

 

Sur la place d'Ars, le restaurant Le Clocher où Lionel Jospin venait parfois regarder les matchs de basket. 

 

"Il m'a battu au tennis, ça lui a fait sa journée !"

Ce grand sportif était aussi un habitué du terrain de tennis de la commune, près de la plage. "Il y allait très souvent, je m’en souviens, car il passait devant chez mes parents", raconte le maire d’Ars, Pierre Bœuf. Des parties de tennis, Serge Maubec en a disputé plusieurs avec le Socialiste. "Il m’a battu, et ça lui a fait sa journée. J’ai fini le match avec la langue qui traînait par terre, mais c’était un compétiteur, c’est ça qui lui plaisait. Quand il faisait un match, il était là pour gagner !".

"Il appréciait mon côté cash, je lui parlais à lui, comme à un ouvrir du bâtiment, je n’étais pas un courtisan. Dans l’intimité, c’était un mec charmant et très prévenant", confirme le skippeur qui partage aussi les idées politiques de celui qui fut Premier secrétaire du Parti Socialiste.

 

Pierre Boeuf, le maire, n'exclut pas qu'un lieu dans la commune soit dédié à la mémoire de Lionel Jospin. 

 

Un lieu en sa mémoire à Ars ?

L’autre habitude de Lionel Jopin, c’était une balade sur la plage, en toute quiétude. "Ici, ce n’était pas du tout un politique", rappelle Pierre Boeuf, nouvel élu de la commune. "C’était un personnage du commun, quelqu’un de très simple et modeste. Le village, c’était son petit cocon où il n’était pas importuné", sourit le maire qui réfléchit à un lieu dans la commune, qui pourrait être dédié prochainement à la mémoire de ce Rétais presque comme les autres.