Tourisme : Castex annonce un "plan de reconquête" à 5 ans très attendu

20 novembre 2021 à 5h10 par Bastien Bougeard

Le Premier ministre est en déplacement à Amboise ce 20 novembre pour annoncer un plan de reconquête du tourisme qui doit s’étaler sur 5 ans. Il est attendu notamment au château du Clos-Lucé.

Jean-Castex
Jean-Castex
Crédit: Capture écran | Facebook | DR

Mieux valoriser le patrimoine, faire monter en gamme l'offre, encourager innovation et numérisation : le Premier ministre annonce samedi un plan de reconquête du tourisme, secteur très éprouvé par la pandémie, visant à renforcer la place de la France comme première destination touristique mondiale.

Jean Castex en déplacement à Amboise

Durant la crise sanitaire, l'Etat a investi 38 milliards d'euros d'aides dans le secteur du tourisme qui représentait en 2019, avant la pandémie de Covid-19, 7,4% du PIB et 9,5% des emplois.

En déplacement dans la région Centre, Jean Castex doit dévoiler samedi le plan de reconquête et d'investissement dans le tourisme à horizon de cinq ans annoncé en juin par le président de la République : celui-ci a fait l'objet d'une consultation avec les professionnels du secteur et les collectivités, menées par les secrétaires d'Etat aux PME Alain Griset et au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne.

Parmi les axes annoncés : améliorer la formation et l'attractivité des métiers du secteur, valoriser le patrimoine, assurer la montée en gamme de l'offre, aider au développement d'infrastructures et des transports, encourager l'innovation et la numérisation.

Mais les professionnels souhaitent en priorité que ce plan prévoie un étalement du remboursement des prêts garantis par l'Etat (PGE), sur 10 à 12 ans, contre quatre ans actuellement. "C'est indispensable pour permettre aux entreprises de continuer à fonctionner et à investir", dit à l'AFP Hervé Becam, vice-président du principal syndicat patronal de l'hôtellerie-restauration, l'Umih.

"Nous voulons éviter que nos chefs d'entreprises se retrouvent seuls face à leur banquier pour négocier le remboursement de leur PGE. Il faut que ce soit encadré", estime-t-il.

Le ministre de l'Economie a semblé fermer la porte, mardi, à toute "mesure systématique d'étalement ou d'abandon" des PGE, dont le remboursement devra commencer en mars 2022, en déclarant que les PGE étaient "693.000 contrats de droit privé auxquels l'Etat n'a fait qu'apporter sa garantie".

 "Mesures fortes" pour relancer l'attractivité

Toutefois, Bruno Le Maire a promis qu'"aucune entreprise ne mettra la clef sous la porte en raison de son incapacité à rembourser un PGE: il y aura un examen au cas par cas", souligne de son côté Didier Chenet, président du syndicat des indépendants de l'hôtellerie-restauration, le GNI.

Le secteur attend aussi "des mesures fortes pour relancer l'attractivité de la France", poursuit M. Becam, faciliter "l'accessibilité des déplacements" ou "mieux valoriser l'offre des territoires ruraux".

Ainsi la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air espère-t-elle des aides pour permettre une "montée en gamme" des campings et "répondre aux défis environnementaux auxquels ils sont confrontés : protéger la biodiversité, économiser l'eau et l'électricité, réduire les déchets...", dit à l'AFP François Dayot, son président.

L'Umih souhaite voir renforcée la formation, en particulier celle des "chômeurs de longue durée, qui peuvent constituer un vivier", dit M. Becam, sur un secteur qui a perdu 237.000 emplois avec la crise sanitaire, et peine à recruter.

Pour mieux mettre en valeur l'offre hôtelière, le classement des établissements (une à cinq étoiles), sera modernisé pour intégrer le développement durable ou la numérisation des services.

Au GNI, M. Chenet plaide pour un "classement européen permettant aux touristes étrangers de s'assurer de la qualité de leur hébergement", des incitations fiscales favorisant l'investissement en matière d'écologie ou de numérique, ou encore pour faciliter les transmissions d'entreprises: une "exonération de droits, si celui qui reprend s'engage à garder le personnel et à investir à hauteur de l'économie des droits d'enregistrement", dit-il à l'AFP.

Chenet a aussi suggéré que la Caisse des Dépôts et la Banque des Territoires "s'engagent aux côtés des professionnels" lors de réhabilitations lourdes d'établissements, comme dans le cadre du dispositif "Action coeur de Ville". Il espère aussi voir développées les classes de neige, classes vertes... qui font découvrir le tourisme aux enfants.

En 2019, 90 millions de touristes étrangers étaient venus en France, confortant sa place de première destination touristique mondiale et générant 170 milliards d'euros de recettes.

(avec AFP)