Un mois après le drame de Crans-Montana : "il faut une harmonisation des normes"

Publié : 8h34 par
Nicolas Mézil - Journaliste

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Pendant la nuit du réveillon, 40 personnes perdaient la vie dans l'incendie d'un bar de Crans-Montana. En France, beaucoup s'interrogent sur la réglementation dans ces établissements. Rencontre avec Sabine Ferrand, présidente de l'Umih Centre-Val de Loire, principale union professionnelle du secteur.

Le bar "Le Constellation" au lendemain de l'incendie mortel.
Le bar "Le Constellation" au lendemain de l'incendie mortel.
Crédit : Wikimédia | Christian David

Quelle est la réglementation qui s'applique aujourd'hui ?

Il faut bien séparer deux choses : d'une part les bars, et d'autres part les établissements de nuit et discothèques. Ce sont deux choses complètement différentes parce qu'elles ont des typologies et elles ont des référencements complètement différents. Un type bar où l'on ne danse pas, c'est un type N, comme les restaurants d'ailleurs. En revanche, sitôt qu'il y a une piste de danse, c'est un type P. Et là, la réglementation diverge complètement.

Ça fait quelques années déjà qu'on alerte là-dessus en disant qu'à partir du moment où l'on danse dans un bar, ou s'il y a une piste de danse, ça doit passer en type P. Il n'y a pas à discuter. On sait que là où il y a une piste de danse, là où il y a des gens qui s'amusent, l'alcool, ce n'est pas le bar en tant que tel où l'on prend notre petit café le matin ou l'on boit le kir à l'apéro le soir et qui ferme à 21h. Ce n'est plus du tout la même chose. Ce sont des établissements de nuit. Il faut une harmonisation des normes.

 

Les contrôles des autorités ont-ils été multipliés ce mois-ci ou vont-ils l'être ?

Ce serait normal. Je sais qu'il y a des courriers qui sont déjà partis auprès des mairies. Parce que quand une commission de sécurité passe, ce n'est pas simplement la mairie qui vient. Ce sont aussi les préventionnistes du Sdis [service départemental d'incendie et de secours, ndlr], la préfecture et la gendarmerie. Et là, ils épluchent tout l'établissement, des murs, du sol au plafond, pour voir si nos alarmes incendies fonctionnent, si les détecteurs de fumée fonctionnent, si nous sommes à jour sur la visite extincteur, le désenfumage, les alarmes et toutes les installations électriques, sans compter bien évidemment la vérification des formations du personnel.

 

Des gérants d'établissement ont-ils pris l'initiative de revoir la sécurité chez eux, même si ce n'était pas forcément nécessaire ?

Je pense que ça a remis tous les exploitants devant leurs obligations aujourd'hui. Je ne pense pas qu'il y ait un exploitant, un seul, qui ne s'est pas posé la question de savoir s'il était en règle ou pas et ce qu'il pouvait améliorer s'il ne l'était pas. D'autant que nous, au niveau de l'Umih nationale, nous avons sorti une petite circulaire répertoriant toutes les obligations avec un tableau des obligations annuelles, biannuelles, pluriannuelles, triennales. Les exploitants ont tout ça dans les mains. Tous les adhérents de l'Umih ont ça dans les mains aujourd'hui et peuvent s'y référer.