8 mars : 5 avancées pour les droits des femmes

Publié : 6h08 par
Joséphine Point - Journaliste - Coordinatrice des contenus web

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Les dernières années ont été marquées par des victoires symboliques et législatives majeures pour les droits des femmes. De l’intégration de la notion du consentement dans le Code pénal à la féminisation historique des Jeux Olympiques, en passant par la mise en lumière des femmes oubliées de l'histoire, voici cinq raisons de célébrer les droits des femmes en ce 8 mars 2026.

groupe de femmes
Crédit : illustration Envato DR

Un tournant historique dans le sport mondial

Après la parité entre les athlètes aux Jeux olympiques de Paris 2024, les athlètes féminines seront plus nombreuses que les athlètes masculins aux JO de Los Angeles en 2028 : 5 655 femmes contre 5 543 hommes. Une première historique annoncée quelques semaines après l’arrivée de Kirsty Coventry à la tête du Comité international olympique (CIO), la première femme à occuper ce poste.

Les Jeux de Los Angeles seront placés sous le signe des femmes : le tournoi olympique de football, qui historiquement favorisait les hommes (16 équipes) aux femmes (12 équipes), inversera la tendance avec 16 équipes féminines et 12 masculines.

Aussi, la boxe atteint une parité parfaite avec l'ajout d'une catégorie féminine. Il y en aura donc sept pour les hommes et sept pour les femmes.

 

La reconnaissance du préjudice lié à l'interruption volontaire de grossesse (IVG)

La loi du 29 décembre 2025 reconnaît officiellement le préjudice subi par les femmes condamnées avant la loi Veil de 1975 pour avoir eu recours à un avortement.

Le texte reconnaît "que l’application par l’État" des lois "pénalisant le recours, la pratique, l’accès et l’information sur l’avortement" a constitué "une atteinte à la protection de la santé des femmes, à l’autonomie sexuelle et reproductive" ou encore "aux droits des femmes". Il ajoute que ces lois d’avant 1975 ont conduit à "de nombreux décès" et engendrées "des souffrances physiques et morales".

Après la constitutionnalisation de l'IVG en 2024, cette loi transforme un traumatisme historique en une reconnaissance de droits humains fondamentaux.

 

Les noms de 72 femmes intégrés sur la Tour Eiffel

C'est un symbole fort : la Tour Eiffel va bientôt intégrer 72 noms de femmes scientifiques sur ses frises jusqu'à maintenant gravées uniquement de noms masculins. Ce geste, impulsé par la Mairie de Paris, vise à rendre visibles les femmes qui ont fait avancer la science, comme Marie Curie et la pionnière de l'informatique Alice Recoque, auprès des millions de visiteurs annuels.

Les noms de 72 femmes au parcours scientifiques d'exception seront inscrits en lettres d'or sur une frise placée au premier étage de la Tour Eiffel. "En honorant ces femmes, nous célébrons celles à qui la science doit tant et participons à inspirer des générations entières de scientifiques", a indiqué Jean-François Martins, le président de la Société d’exploitation de la tour Eiffel.

La fin du chantier est annoncée pour le premier trimestre 2027.

 

Consentement : l'héritage législatif de Gisèle Pelicot

C’est un procès historique qui a fait le tour du monde fin 2024, celui de Dominique Pelicot, reconnu coupable d’avoir drogué sa femme Gisèle et l’avoir livrée à une cinquantaine d'hommes, pendant une dizaine d'années, qui profitaient de son sommeil pour la violer, à leur domicile de Mazan, dans le sud de la France.

Symbole de résilience et de dignité, Gisèle Pelicot est devenue un symbole mondial de la lutte contre les violences sexuelles, la soumission chimique et le non-consentement, pour avoir refusé que le procès de son époux se tienne à huis clos, afin que "la honte change de camp". En refusant le silence, elle a ouvert la voie à une réforme historique du Code pénal en 2025. Désormais, la notion de consentement est au cœur de la définition juridique du viol, une avancée attendue depuis des décennies par les associations.

En février 2026, Gisèle Pelicot a livré un témoignage puissant et éducatif pour les générations futures dans un livre intitulé "Et la joie de vivre". Une semaine après sa sortie, le livre s’est classé numéro un des ventes en France. Gisèle Pelicot, qui vit désormais sur l’île de Ré, est attendue le 27 mai dans une librairie de La Rochelle pour rencontrer les lecteurs de son livre.

 

La démocratisation du congé menstruel

Malgré le rejet de la proposition de loi en 2024 visant à créer un congé menstruel de deux jours par mois pour les femmes atteintes de règles douloureuses et invalidantes, de plus en plus d'universités françaises l'adoptent de manière autonome. L'université d'Angers est la première université française à avoir instauré, dès juillet 2023, 10 jours de congés en cas de règles douloureuses et incapacitante. "Un engagement social important pour l’égalité́ et la réussite étudiante", justifie l'établissement.

Depuis, le congé menstruel s'est démocratisé dans les universités françaises, comme à Poitiers, à Bordeaux, Limoges ou encore à La Rochelle. Actuellement, une vingtaine d'établissements reconnaissent les règles douloureuses comme un motif d'absence justifié. En outre, le dispositif est testé pendant l'année scolaire en cours à l'université Bretagne Occidentale avant une éventuelle adoption définitive.

Certaines universités réfléchissent même à étendre le congé menstruel au personnel féminin des établissements, et plus seulement qu’aux étudiantes.