Nantes : le fabricant de panneaux solaires Systovi liquidé, vers la fin des panneaux made in France ?

18 avril 2024 à 8h20 par Joséphine Point avec AFP

L'un des deux derniers fabricants français met la clé sous la porte. L'entreprise nantaise n'a pas pu résister face à la concurrence chinoise.

Crédit : Image d'illustration Pixabay

Le fabricant français de panneaux solaires Systovi, installé à Carquefou près de Nantes, a annoncé la cessation de ses activités à la suite de son placement en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce. Créée en 2008, l'entreprise comptait près de 90 salariés.


"L'entreprise fait face à l'accélération soudaine du dumping chinois depuis l'été 2023", a déclaré l'entreprise qui n'a pas reçu d'offre de reprise.


Systovi avait réalisé en 2023 un chiffre d'affaires de 21,5 millions d'euros et venait d’investir près d’1 million d’euros dans un nouvel outil pour produire 200 000 panneaux solaires par an.


"Nous sommes très tristes de cette issue et mobilisons dès à présent toute notre énergie pour accompagner du mieux possible les femmes et les hommes qui se sont battus depuis 15 ans pour faire exister le solaire français", a déclaré Paul Toulouse, directeur général de la société nantaise.


 


La France doit rattraper son retard


La cessation d'activité de Systovi intervient alors que la France a lancé début avril un "plan de bataille" pour doubler le rythme de déploiement des capacités d'énergie solaire sur son territoire d'ici 2030 et soutenir la production de panneaux solaires fabriqués en Europe, face à l'ultra-domination industrielle de la Chine.


"Faire uniquement les modules à partir de cellules chinoises a toujours été une situation compliquée, parce que le marché de la cellule est un marché très volatil, suivant les besoins des Chinois eux-mêmes", a commenté Daniel Bour, président du syndicat professionnel du secteur de l'énergie solaire Enerplan.


Le gouvernement compte sur la mise en service de deux usines de panneaux solaires dans le pays d'ici 2025 pour relever le déficit d'industrialisation dans le secteur photovoltaïque, où la France accuse un sévère retard.


L'objectif est de "produire en France d'ici 2030 40% des panneaux photovoltaïques que nous utilisons", avait affirmé début avril le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire.