Futur CHU de Nantes : un chantier pharaonique et une ouverture retardée

Publié : 10h09 par
Elouen Rouchy - Journaliste

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À l'occasion d'une visite de chantier, la direction du futur CHU nous a indiqué un retard de 6 à 9 mois pour l'ouverture de l'établissement. Elle est repoussée, au moins, à l'été 2028. Cette visite était également l'occasion de présenter les avancées de ce chantier hors normes.

De 6 à 9 mois de tard pour l'ouverture du futur CHU de Nantes, prévue mi-2028
De 6 à 9 mois de tard pour l'ouverture du futur CHU de Nantes, prévue mi-2028
Crédit : Alouette DR - Elouen Rouchy

13 bâtiments, 230 000 m², 1 200 ouvriers au quotidien, 1,25 milliard d'euros. Le chantier du futur CHU de Nantes est actuellement le plus grand chantier d'Europe. Le projet, lancé en 2008 sur l'île de Nantes, devait être livré l'année prochaine, pour une ouverture à l'automne 2027. Ce ne sera finalement pas le cas. Une entreprise italienne chargée de réaliser la façade de deux bâtiments, et notamment celui d'accueil, a fait faillite. Ce qui va retarder la livraison du chantier de plusieurs mois, d'ici à l'été 2028, mais qui, pour le moment, n'entraîne pas de hausse dans le coût des travaux toujours estimé à 1,25 milliard d'euros

 

Un aléa classique dans le bâtiment

Ce retard est estimé entre 6 et 9 mois. Pour un projet aussi ambitieux qui a démarré il y a 20 ans, "on est sur l'épaisseur d'un trait", indique Pierre Nassif, le directeur du pôle investissement et logistique du CHU. Les aléas lors des chantiers, surtout de cette ampleur, sont courants. Il y a donc des difficultés sur ce chantier, "mais il faut les mettre à l'échelle de la taille du site", nous rappelle Guillaume Catoire, chef de projet pour le CHU. "Il y a cette difficulté-là, avec cette façade du bâtiment A qui nous plombe un peu, mais le reste du chantier se déroule normalement. Avec ses aléas, ses déconvenues, ses engueulades, mais globalement ça se passe plutôt bien. D'autant plus que jusque-là, le calendrier était à peu près tenu".

Guillaume Catoire, chef de chantier du CHU, au micro d'Alouette

Un CHU plus vertueux

13 bâtiments pour 230 000 m² de surface, le futur CHU de Nantes est en réalité un véritable quartier de santé sur l'île de Nantes. Un quartier qu'il va falloir éclairer, chauffer ou refroidir en fonction des saisons. Ce qui représente un coût considérable pour l'établissement de santé. "Actuellement, le CHU Hôtel Dieu dépense 20 millions d'euros par an en énergie", nous indique Pierre Nassy. Mais avec ce nouvel établissement, "la consommation devrait diminuer d'un tiers".

 


Vue d'ensemble du futur quartie de la santé | Alouette DR

 

Pour y arriver, le futur hôpital a été très bien isolé. Mieux que l'actuel CHU. Il sera également relié au réseau de chaleur urbain, et des panneaux photovoltaïques permettront de produire de l'électricité verte sur place. Car "la climatisation est indispensable dans un bâtiment hospitalier", explique Guillaume Catoire. "On a donc mis en place des solutions pour essayer de limiter son utilisation". Comme l'installation de stores devant les fenêtres qui renvoient les rayons du soleil l'été, et à l'inverse, les laisse pénétrer l'hiver pour chauffer l'espace.

Guillaume Catoire et Pierre Nassy, au micro d'Alouette

Plus de place pour la psychiatrie

Dans un contexte où la santé mentale est devenue, un enjeu prioritaire, le futur CHU de Nantes a laissé plus de place pour la psychiatrie. Au sein du nouveau CHU, "on aura la possibilité de mieux répondre à ces besoins croissants", assure Laurence Jay-Passot, la directrice adjointe de l'hôpital. Ce sera notamment le cas au niveau du service des urgences "avec des espaces dédiés à la prise en charge des urgences psychiatrique qui sont plus spacieux, plus confortables. Il y aura également une unité d'hospitalisation de courte durée".

 


Hélistation posée sur un des bâtiments du futur CHU. Il pourra accueillir jusqu'à 3 hélcipotères du SMUR pour les urgences. | Alouette DR

 

Mais la direction ne souhaite pas s'arrêter là. Le chantier des 13 bâtiments n'est pas encore terminé, qu'un nouveau est déjà en réflexion. "On a le projet de construire un espace pour les lits de pédopsychiatrie, qui constituent un besoin très important sur notre territoire. Ce projet est un complément de l'offre déjà proposée à Saint-Jacques et sur l'ensemble de l'agglomération avec toutes nos unités en extra-hospitalier".

Laurence Jay-Passot, directrice adjointe de l'hôpital, au micro d'Alouette

La pédopsychiatrie qui a son importance actuellement, dans un contexte où la santé mentale des jeunes peut être source de drame. Comme les différentes agressions au couteau qui se sont déroulées dans des établissements scolaires du département depuis avril 2025.