Incendie à Crans-Montana : le propriétaire français placé en détention provisoire

Publié : 12 janvier 2026 à 14h54 par
Laura Vergne - Journaliste reporter

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Le copropriétaire français du bar incendié à Crans-Montana, où 40 personnes ont perdu la vie, est placé en détention provisoire pour trois mois. La justice suisse craint un risque de fuite. L'enquête se poursuit.

Jacques Moretti, sa femme et son avocat
Jacques Moretti, sa femme et son avocat
Crédit : Capture d'écran | YouTube | AFP

40 morts, 116 blessés et une station sous le choc. La nuit du Nouvel An a viré au cauchemar dans cette station huppée du canton du Valais, en Suisse. Ce lundi 12 janvier, le Tribunal des mesures de contrainte ordonne l'incarcération de Jacques Moretti, copropriétaire du bar Le Constellation. Détention provisoire pour trois mois, c'est la décision confirmée par une source proche du dossier. 

 

"Le risque de fuite est concret"

Le ministère public a tranché. Après plus de six heures d'audition ce vendredi 9 janvier à Sion, la justice estime que le risque de fuite de Jacques Moretti est réel. Son épouse, Jessica Moretti, échappe quant à elle à la prison. Des mesures de substitution sont jugées suffisantes, compte tenu de ses attaches personelles. Le couple reste au coeur de l'enquête ouverte après l'un des pires drames récents en Suisse. 

La décision était attendue. Réclamée depuis une semaine par les avocats des victimes. Me Sébastien Fanti, qui représente plusieurs familles, réagit avec gravité :

"Le père d’un enfant brûlé vif m'a dit : Il est mort comme à la guerre. Désormais, c’est la guerre."

Satisfaction partielle seulement. La détention ne concerne, pour l’instant, que l’exploitant masculin. De son côté, Me Romain Jordan alerte sur un autre danger : la possible destruction de preuves ou l’altération de témoignages.

 

Les premiers éléments de l'enquête

Les premiers éléments de l'enquête dessinent un enchaînement fatal. Des bougies étincelantes, une mousse acoustique au plafond du sous-sol et le feu qui se propage. D'autres questions demeurent : les extincteurs étaient-ils accessibles ? Les voies de sortie étaient-elles conforment ? Le couple est soupçonné d'homicide par négligence, de lésions corporelles par négligences et d'incendie par négligences. Jacques Moretti affirme avoir découvert, après le drame, une porte de service vérouillée de l'interieur. Derrière, plusieurs victimes, étendues au sol. 

Dernière révélation lourde. La commune reconnaît qu’aucun contrôle sécurité-incendie du bar n’a été effectué depuis 2019. Une information qui indigne les familles. Et alourdit encore le climat autour de l’instruction. La justice valaisanne devra décider, à l’issue de l’enquête, d’un classement ou d’un renvoi devant un tribunal. En attendant, la présomption d’innocence demeure.

 

 

 

 

Avec l'AFP