Masques FFP2 : la France en produit moins aujourd'hui que fin 2020

31 décembre 2021 à 9h34 par Arnaud Laurenti

Quelles différences entre le masque chirurgical et le FFP2 ? On fait le point.

Masques FFP2 : la France en produit moins aujourd'hui que fin 2020
Crédit: Unsplash

Pour mieux freiner les contaminations au Covid-19 en intérieur, a fortiori avec le variant Omicron, l'Italie vient de rendre le masque FFP2, plus performant, obligatoire dans de nombreux lieux fermés et dans les transports en commun.

 

Quelles sont les caractéristiques du FFP2 ?

Ce masque répond à la norme européenne EN 149, correspondant dans d'autres pays au masque N95 ou KN95. Il protège les voies respiratoires contre les particules fines et toxiques, les poussières ou certains virus, et protège à la fois son porteur et son entourage.

En forme de bec de canard, il est composé d'une pièce faciale (demi-masque ou masque complet) et d'un dispositif de filtration, avec une capacité filtrante de 94% des particules de 0,6 micromètre (µm). Or, l'efficacité d'un masque dépend à la fois de sa filtration et de son ajustement sur le visage du porteur. Si le masque chirurgical filtre bien (95 à 98% des particules de 3 µm selon le type), il a tendance à être assez lâche.

"La grosse différence entre le FFP2 et le chirurgical, c'est que le masque FFP2 est hermétique. Il ne laisse pas passer d'air et a une double filtration: vers l'extérieur et vers l'intérieur", souligne Christian Curel, le président du syndicat des fabricants français de masques, lui-même à la tête d'une entreprise de masques.

Autre avantage : sa durée de protection peut aller jusqu'à huit heures, contre 4 heures maximum pour le masque chirurgical.

 

Dans quels pays est-il obligatoire ?

En Italie, les masque FFP2 sont obligatoires depuis le 25 décembre dans tous les transports publics, les cinémas, les théâtres, les musées et les stades.

En Autriche, ils sont exigés dans les lieux publics fermés, ainsi que dans les cafés ou restaurants, où les clients doivent porter leur masque FFP2 lorsqu'ils ne sont pas assis. Dans les parties communes des hôtels, les FFP2 sont aussi exigés.

En Allemagne, les règles varient selon les Länder. Sur le plan fédéral, la règle est l'obligation de porter un masque médical, qu'il soit FFP2 ou chirurgical, dans les transports en commun et les commerces. Mais certains Länder imposent l'utilisation spécifique du masque FFP2, comme la Bavière, ou la Basse-Saxe (Nord), qui a étendu cette mesure la semaine dernière dans les commerces pour lutter contre Omicron.

En Espagne, le FFP2 n'est pas obligatoire, mais il est frappant de voir qu'il est néanmoins porté par de nombreux Espagnols, y compris dans la rue.

 

La France en aura-t-elle suffisamment en cas de forte demande ?

Si au début de la pandémie, la France était sous-équipée, une filière s'est depuis constituée: en deux ans, le pays est passé de quatre producteurs locaux à une trentaine. Mais face à la concurrence asiatique, la production nationale a diminué de 90% par rapport à fin 2020. Cela pourrait toutefois changer, car les hôpitaux, qui sont de gros acheteurs, commencent à prendre en compte l'origine de production du masque, après que le gouvernement a publié une circulaire allant dans ce sens.

La filière, qui était "quasi à l'arrêt faute de demande", a aujourd'hui une capacité de production d'une vingtaine de millions de masques FFP2 par semaine, selon le président du syndicat des fabricants français, qui assure que les usines pourront s'adapter si besoin.

"On peut construire de nouvelles machines par exemple pour augmenter les capacités de production", dit-il, dès lors que la filière "maîtrise entièrement la production, de la matière première au produit fini".

 

Combien coûte-t-il ?

Le masque FFP2 est jusqu'à six fois plus cher qu'un masque chirurgical, indique Christian Curel, mais le prix a beaucoup baissé depuis le début de la pandémie, au fur et à mesure que les producteurs chinois ont repris leurs exportations.

Bilan: on peut trouver des masques FFP2 pour environ 50 à 60 centimes en moyenne, selon M. Curel. Un prix qui descend à 30 à 40 centimes pour les commandes en gros des professionnels de santé.

 

(avec AFP)