À Montpellier, une entreprise teste le congé menstruel

21 avril 2021 à 9h35 par Arnaud Laurenti

Depuis le 1er janvier, les salariées de l'entreprise "La Collective" peuvent bénéficier chaque mois d'un jour de congés en cas de règles douloureuses, une première en France.

ALOUETTE
Crédit: Unsplash

"Une avancée sociale qui fait écho aux droits des femmes dans la société" : c'est ainsi que Dimitri Lamoureux, cogérant de la société de trente-sept salariés, dont seize femmes, décrit cette mesure dans Le Parisien. Depuis le début de l'année, La Collective propose à ses salariées un jour de congé par mois en cas de règles douloureuses, sans justificatif ni perte de salaire.

Un simple mail

Selon le quotidien, une salariée souhaitant bénéficier de son jour de congé menstruel peut en faire part sans justificatif médical, par simple mail, y compris le jour même. De son côté, l'entreprise s'engage à respecter la confidentialité de l'information.

À l'origine de cette mesure, la demande d'une salariée qui témoigne dans Le Parisien sous le nom de Jessica. Selon elle, la mesure a été approuvée "à la quasi-unanimité, aussi bien par les femmes que par les hommes".

Une mesure qui ne semble toutefois pas faire l'unanimité. L'article du Parisien a été très commenté sur les réseaux sociaux, et plusieurs critiques s'élèvent, y compris de certaines associations féministes. Dans le quotidien, la porte-parole d'Osez le féminisme ! estime que "c'est une fausse bonne idée" car "ce n'est pas normal d'avoir mal pendant ses règles". En-dehors des femmes souffrant d'endométriose, les règles ne sont pas "incapacitantes", selon Céline Piques, pour qui ce congé menstruel "instaure une forme de stigmatisation".

À Montpellier, la mesure est en teste pour un an et une décision sera prise à l'issue de l'expérimentation sur son maintien ou non.

Selon un sondage Ifop réalisé mi-mars pour Eve and Co et le site 20minutes auprès d'un échantillon de plus de 1000 femmes, 68% des Françaises se disent favorables au congé menstruel.