Brest Atlantiques : Grand départ pour les géants des mers

5 novembre 2019 à 10h01 par Clovis Canivenc

Ce mardi, les quatre concurrents de la Brest Atlantiques se sont élancés pour cette course inédite dans l’Atlantique. L’occasion de tester et de faire progresser ses géants des mers.

ALOUETTE
Thomas Coville sur Sodebo Ultim 3 a pris le départ de la Brest Atlantiques ce mardi matin.
Crédit: Yvan Zedda | Brest Atlantiques

« Je n’ai pas été aussi enthousiaste avant le départ d’une course depuis très longtemps ». Thomas Coville n’y va pas par quatre chemins au moment de présenter cette Brest Atlantiques. Il faut dire que cette nouvelle course emprunte un parcours inédit pour les quatre marins au départ. De Brest à Brest, en passant par Rio et Le Cap, ils devront notamment remonter l’Atlantique le long de l’Afrique, une zone peu connue des marins.

Une course en double, une vie à trois

« C’est toujours excitant et intéressant de découvrir un nouveau territoire, une nouvelle partie de l’océan Atlantique qu’on ne connaît pas », affirme François Gabart, qui prend le départ à bord de Macif. Un maxi-trimaran avec lequel il avait connu plusieurs avaries sur la Route du Rhum 2018, perdue pour quelques minutes face à Francis Joyon.

François Gabart n’avait pas été le seul de la classe Ultimes à connaître des mésaventures sur cette Route du Rhum. En conséquence, la Brest Oceans, tour du monde en solitaire sur ces géants des mers, prévue initialement en 2019, était reportée à 2023.

Pour la remplacer, une nouvelle transatlantique était annoncée : la Brest Atlantiques. Une course longue d’environ 30 jours, une première pour cette catégorie, mais en double. « Ce n’est pas du tout le même stress qu’en solitaire, explique Thomas Coville. J’ai le privilège d’avoir choisi mon coéquipier (Jean-Luc Nélias) et grâce à sa présence, je me sens bien ». Pour François Gabart, qui naviguera avec Gwénolé Gahinet, le double « ça change tout. On a la chance de pouvoir se reposer sur quelqu’un. Si on a un souci technique, humain, médical, on peut s’appuyer sur une autre personne. C’est beaucoup plus facile en double. On va aussi forcément aller plus vite et pouvoir pousser le bateau encore plus loin dans ses derniers retranchements ».

Une course en double et une vie à trois sur le bateau, puisqu’un mediaman accompagnera chaque équipage pour faire vivre la course de l’intérieur au grand public. « On fera un bilan à la fin pour savoir si c’était très intrusif ou si, au contraire, cela nous a apporté de la matière pour faire connaître notre passion, qui reste assez méconnu car très mystérieuse », ajoute Thomas Coville.

Une étape importante dans l’apprentissage des Ultimes

Pour ces géants des mers, longs de 32 mètres et capables de voler au-dessus de l’eau, ce ne sera que la deuxième compétition après la Route du Rhum 2018. La dernière expérience invite donc à la prudence avec ces bateaux qui avancent encore un peu dans l’inconnu. « On est allé très vite, très grand, on a progressé d’une manière assez extraordinaire ces dernières années, souligne François Gabart. Je fais partie des gens qui croient dans le progrès et la dynamique de faire avancer les choses pour aller un peu plus loin, un peu plus vite. Après, il ne faut pas faire ça n’importe comment, et c’est probablement une sage décision d’avoir reporté le départ du tour du monde en solitaire. Il faut trouver un équilibre entre la volonté de progresser et d’aller plus vite, mais pas en le faisant n’importe comment ».

Même son de cloche du côté de Thomas Coville, qui embarque à bord d’un Sodebo Ultim 3 flambant neuf : « Il faut des gens comme nous pour repousser les limites, sortir de la boîte, faire bouger les lignes… Ces bateaux s’offrent la planète en terrain de jeu, donc il faut qu’ils soient grands et qu’ils aillent vite. Ce sont des géants au pied d’argile. Prenez un avion ou une voiture, au moindre pépin tout s’arrête. Pour autant, on n’arrête pas d’avancer. Ça ne me dérange pas d’assumer qu’il y a une fragilité sur ces bateaux. Mais je ne suis pas du passé, je regarde devant moi et que j’ai la chance de construire l’avenir avec sa fragilité. Nous aussi sur le bateau, on est fragile face à la vitesse et la brutalité, mais le plaisir est au carré de la vitesse ».

Les équipages en compétition : François Gabart et Gwénolé Gahinet (Trimaran Macif), Thomas Coville et Jean-Luc Nélias (Sodebo Ultim 3), Franck Cammas et Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild), Yves le Blévec et Alex Pella (Actual Leader).